Minuit avant la nuit

Robert Forster est de retour. Enregistré avec Victor Van Vugt, déjà présent à l’époque de Danger in the Past, Inferno étonne par son apparente simplicité et séduit par son efficacité redoutable. Ecouter ce disque nous renvoie au début des années 90. A la fin de 1989, les chemins de Grant McLennan et Robert Forster se séparent. Forster part enregistrer Danger In The Past avec quelques Bad Seeds alors que McLennan reste à Sydney écrire Watershed.

McLennan écrivit de très belles choses et suscita les compliments des journalistes. Forster fut peut-être un peu oublié. Il faut, on ne le répétera jamais assez réécouter ses disque solos pour les réévaluer. Treize ans après la disparition brutale de Grant McLennan, Forster publie un disque qui expose sa vision du rock et qui fait de nombreux clins d’œil au passé. Inferno est chanté avec un calme aristocratique et écrit avec la fougue mélodique d’un jeune trentenaire.
Entretien avec le plus distingué des Australiens (à égalité avec < Peter Milton Walsh évidemment).

Pourquoi as-tu enregistré ce disque à Berlin ?

Robert Forster : Tout simplement parce que Victor, qui est à la fois l’ingénieur et le producteur du disque vit dans cette ville. Et surtout son studio est à Berlin. C’est vraiment une raison très… simple.

Les Riverside Studios ?

C’est cela.

Comment as-tu rencontré Victor, le producteur de l’album ?

Je l’ai rencontré dans les années 80. Il vient de Melbourne. Il était très jeune quand je l’ai rencontré. Il faisait du travail de mixage pour de nombreux groupes. Il a travaillé pour les Go-Betweens : il a été notre ingénieur son sur certains de nos concerts. Quand nous sommes partis à Londres pour travailler chez Rough Trade, il a aussi déménagé. Et nous nous sommes perdus un peu de vue. Mais nos chemins se sont toujours croisés. Il a vécu à N.Y.C. … Nous sommes de vieux amis.

Combien de temps avez-vous pris pour l’enregistrement ?

Deux semaines. Aujourd’hui être en studio coûte extrêmement cher. J’avais un peu d’argent pour faire un disque. Je ne pouvais pas m’éterniser en studio. On a donc du faire les choses rapidement. Mais je trouve que c’est une bonne durée. Au final rester des mois et des mois en studio aujourd’hui me fatiguerait. J’y ai passé tellement de temps. Je n’ai plus envie de ça. J’aime bien être en studio mais je veux vivre maintenant. Je ne veux plus perdre mon temps en studio.

Et les choses ont été faciles ?

Oui, très faciles. J’étais un peu nerveux au départ, enfin surtout le premier jour. Les musiciens qui jouent sur le disque ne s’étaient jamais rencontrés.

Et comment as-tu trouvé le son de ce disque ?

C’est Victor. Tout est de Victor. J’avais déjà fait un disque avec Victor, Danger In The Past, en 1990.

Disque que tu avais aussi enregistré en Allemagne, en Bavière pour être exact ?

Oui, aux Hansa Tonstudios e. Victor était ingénieur du son dans ce studio. Mick Harvey des Bad Seeds est venu produire le disque. Je savais le disque que Victor pouvait obtenir avec ses bandes. Mais je parle d’une époque qui remonte à bientôt 30 ans. Et tout a changé depuis lors. Il a fait un excellent travail sur ce disque.

Et Bleddyn Butcher signe la photographie que tu as utilisée pour la pochette.

Ah Bleddyn… Quel délicieux garçon.

Je suis d’accord avec toi. Je le connais un peu.

Ah bon ?

Oui, je l’ai interviewé pour son travail sur la pochette de Fête Foraine des Apartments. Et il a fait la photographie que tu as-utilisé pour la pochette d’Inferno.

Oui. C’est une coïncidence. Bleddyn est venu me voir en septembre dernier pour faire des photos de moi. Il n’était pas question à cette époque de faire des photos pour un quelconque album. C’était pour un livre sur moi en studio. Il avait déjà fait ça dans les années 90. Il est de Sydney, je réside à Brisbane. Il a pris des photos pendant trois jours. Cette photo a été prise un soir, près d’une plage. J’ai bien aimé l’idée que deux vieux amis des années 90 se retrouvent sur mon disque.

Pourquoi avoir appelé ce disque Inferno ?

Ce titre fait référence à la canicule que l’Australie a subi il y a quelques mois. Elle a vraiment influencé ce disque. Tout le monde devenait totalement dingue. Il ne faut pas y voir autre chose. J’aime comment sonne ce mot. Après ce n’est pas une analyse de comment va le monde. Il ne faut pas le prendre comme ça.

Quel est ton souvenir préféré lié à l’enregistrement de cet album ?

Mon souvenir préféré ? Il s’agit du premier jour de l’enregistrement. Il y avait Scott Bromiley à la basse, Michael Mühlhaus au piano, Earl Havin à la batterie (un ancien Tindersticks) et moi à la guitare. Nous avons commencé à enregistrer. J’avais juste répété la veille quelques chansons avec Michael. Les autres membres du groupe ne s’étaient jamais rencontrés et sont arrivés le jour de l’enregistrement. C’était un dimanche. Je leur ai joué la chanson. Et tout a bien sonné dès la première prise. Tout a fonctionné à merveille. Victor a tout enregistré. C’était merveilleux. J’étais stressé et tout a fonctionné à merveille.

Robert Forster – Inferno

Quelle est l’histoire de No Fame ? Il s’agit de ma chanson préférée sur ce disque.

C’est une chanson qui me fait penser à Spring Rain, une chanson du début des Go-Betweens. C’est le même type de chanson. Tu vis chez toi et tu ne sais pas comment diriger ta vie. Tu te fiches de l’argent, tu te fous du succès. J’ai la soixantaine et cette chanson me rappelle vraiment ma jeunesse. J’ai toujours eu la même manière de voir les choses… Cette chanson reflète vraiment ce que je pense. Peu importe l’âge au final.

TOP 5

Ton artiste français préféré ?

Charles Aznavour. J’ai été très peiné d’apprendre sa mort. Il avait 94 ans je crois… Il avait une voix fantastique.

Ta chanson préférée des Apartments ?

Twenty-One.

Paris ou Londres ?

Londres, j’y ai passé beaucoup de temps. Mais je vais revenir jouer à Paris bientôt. A la Boule Noire le 28 novembre 2019. J’aime Paris.

Le meilleur endroit pour faire un concert ?

Ce serait un club. Le Junk Bar à Brisbane. C’est un endroit merveilleux. La salle peut contenir 50 personnes.

Ta meilleure bande originale de film préférée ?

The Sound of Music.

Robert Forster - Inferno

Inferno de Robert Forster est disponible chez Tapete Records.

Robert Forster - Inferno

Tracklist : Robert Forster - Inferno
  1. Crazy Jane On The Day Of Judgement
  2. No Fame
  3. Inferno (Brisbane in Summer)
  4. The Morning
  5. Life Has Turned A Page
  6. Remain
  7. I'll Look After You
  8. I'm Gonna Tell It
  9. One Bird In The Sky

Les prochains concerts de Robert Forster en France

DateSalleVilleTickets
28 Nov 2019LA BOULE NOIREParisAcheter un Ticket
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