La meilleure nouvelle de ces deux dernières semaines n’est pas le retour du printemps. Non, la meilleure nouvelle de cette fin de mars qui s’éternise est le retour de la mélancolie de Romain Guerret alias Donald Pierre. Avec Aline (ex Young Michelin), il a écrit les plus belles chansons pop françaises de ces dix dernières années. Parfois sur le fil, toujours élégantes, les chansons de Romain Guerret vous font regarder le soleil avec un regard humide et un sourire béat. En attendant des nouvelles d’Aline, il faut écouter les promenades pop de Donald Pierre.

Le premier titre de Donald Pierre est comme l’avers et le revers d’une pièce de monnaie. En écoutant (Elle est partie) Ma panthère, vous aurez une envie irrépréhensible de danser. Et puis entre deux notes, vous serez rattrapé par cette mélancolie en filigrane qui forme une partie de l’A.D.N. de l’écriture de Guerret. Et comme ces pièces de monnaie qu’on regarde tourner sur elles-mêmes, on écoutera ce nouveau titre un nombre infini de fois. Sans jamais se lasser.

Pourquoi te relances-tu en solo ?

Ecoute, on travaille en ce moment sur le troisième album d’Aline

Donald Pierre – (Elle est partie) Ma panthère

C’était justement ma deuxième question.

On travaille dessus depuis deux ans. C’est assez long. On cherche des directions. On pinaille un peu. On change aussi de vie et on déménage. J’avais pas mal de titres en réserve. En attendant ce nouvel album, pourquoi ne pas sortir quelques titres ? Je sais que ça va être avec Aline. Une fois l’album terminé, il faudra encore attendre 6 mois. Comme je n’aime pas rester à rien faire. Je suis musicien, j’écris. Là j’ai 6 ou 7 titres prêts à être publiés. Attention, c’est publié de manière indépendante sans le soutien d’un label. C’est mon éditrice, Absolute Management, qui a produit ce titre.
Cela me fait du bien d’être solo. C’est comme une sorte une récréation. Tu fais ce que tu veux, quitte à te tromper, c’est le jeu. Je l’avais déjà fait du temps de Dondolo.

Et pourquoi ne pas avoir repris le nom de Dondolo ?

Dondolo n’avait pas vraiment marché. J’ai préféré changer.

Tu remets donc les compteurs à zéro. Et donc Donald Pierre ? D’où vient ce nom de scène ?

Il s’agit de mes deuxième et troisième prénoms. Mon père voulait m’appeler Donald.

Donald Pierre

© Louis Teyssedou

Et ta mère a refusé ?

Oui, c’était impossible pour elle. Ils ont trouvé ce compromis. Et Pierre, c’est le prénom d’un de mes grands-pères. Donald Pierre, ça sonne à la fois très bien et à la fois très mal. Certaines personnes détestent, d’autres adorent.

Je me posais plein de questions quant à ce nom…

Il y a un côté très anglais et aussi un côté très français. J’ai toujours aimé Donald, le personnage. Après ça, Donald Trump est arrivé…

Et de quand date Elle est partie ma panthère ?

Elle a deux ans. Elle existait sous une forme beaucoup plus longue et nous avons fait un édit plus court. Elle est produite avec l’aide Yan Wagner. Il adorait ce morceau. Et voulait le travailler. Il a été mixé par Bénédicte Schmitt au Labomatic. Les chœurs sont assurés par Johanna Wedin et Jean Felzine. La basse est assurée par Baptiste Pelsy. C’est marrant de faire collaborer des copains.

Cette chanson est à la fois aristocratique et très plaisir coupable. Elle est très ambivalente.

Oui elle est sur le fil. Elle est très « in your face ». Son format est assez court. Il y a une version de cinq minutes. Mais là, tout va très vite. Il n’y a que cinq accords. Je voyais un truc à la ABBA.

Tu sais que c’est le plaisir coupable ultime des Anglais.

La qualité d’écriture pop est monstrueuse chez ABBA. J’aime aussi le disco et la variété. J’adore l’italo disco. J’aime des choses pas forcément pointues. Je n’écoute pas que les Smiths. Je vais sortir un deuxième single en mai avec un vocoder. On va être aussi dans le plaisir coupable.

Elle rentre dans la tête avec une facilité déconcertante.

C’est une scie. Elle te revient dans la tronche tout le temps.

Et ce concert au Silencio ?

Pas très content de ma prestation. Mais c’était plein à craquer et il y avait une belle ambiance.
Il y avait Jérémy le clavier d’Aline qui m’accompagnait ainsi que Perrine, une danseuse et une performeuse de talent. Config’ très minimale. J’ai oublié un peu mes textes.

Elles sont faciles à jouer sur scène ces chansons ?

Au début, cela m’a fait bizarre. Je me sentais à poil. Le groupe n’est pas là. Bon je ne suis pas seul sur scène mais le groupe n’est pas derrière toi. Si tu te plantes, c’est pour toi. Mais les gens étaient contents hier soir. Dans l’ensemble, ça c’est bien passé. C’est une formule sur le fil. Sois-tu adores, soit tu trouves ça tarte. Il faudrait que je trouve un concert ou deux par mois.

Et tu cherches un label ?

C’est compliqué. Surtout pour six titres. Pour le moment je ne cherche pas. Après si les gens sont intéressés, qu’ils viennent me voir.