M. H-Burns

H-Burns © Louis Teyssedou
"Les mecs seuls sur scène sont les plus forts." La preuve en a été faite avec Jason Molina à l'époque de Songs: Ohia. Et cette maxime est toujours vraie aujourd'hui grâce à Bill Callahan et Renaud Brustlein aka H-Burns. Auteur d'un des disques de l'année (Midlife), H-Burns est venu jouer ses belles chansons, accompagné de son guitariste, en première partie de Cat Power ce lundi 1er juillet au Théâtre Sébastopol de Lille.


Dans un théâtre de Sébastopol (Lille) complet, H-Burns annonçait l’été avec ses chansons et a fait une démonstration de simplicité et d’efficacité. Les chansons de Midlife, qui ont la capacité de faire pleurer un régiment entier de légionnaires, ont brillé dans cette antre et ont été le seul rayon de soleil de la soirée.

Midlife est désormais sorti il y a quelques mois. C’est à ce jour ton disque le plus autobiographique. Comment le vois-tu aujourd’hui ? Quelles relations entretiens-tu avec lui ?

H-Burns : J’écoute énormément un disque avant qu’il ne sorte. C’est le cas aussi après sa sortie. Je vais l’écouter pendant les deux semaines qui suivent sa sortie. Et après… Je ne l’écoute plus.

Discographie

Et quand as-tu écouté pour Midlife pour la dernière fois ?

C’est une bonne question. Deux semaines après sa sortie. Je suis très content de sa production. Je suis aussi content de l’accueil qu’il a reçu. Je suis plus intéressé par le retour des gens.

H – Burns Feat. Kate Stables – Session 10 ans Médiapart

Elles sont faciles à jouer sur scène ces nouvelles chansons ?

Oui car elles me ramènent à la base de ce que je sais faire. Une guitare, une voix. Il n’y a pas quinze couches de guitare… C’est donc assez facile à restituer sur scène. Les choix se sont opérés seuls pour ce disque.

Pourquoi l’avoir produit seul ?

J’avais déjà travaillé seul sur Kid We Own Summer, Rob Schnapf l’avait juste mixé. Pour Midflife, j’ai travaillé avec Noah Georgeson (Andy Shauf) pour le mix. Je l’ai enregistré avec Peter Deimel. Je savais qu’en travaillant avec lui, la technique n’existerait pas. C’est plus facile de produire seul son disque quand tu travailles avec un type comme Deimel.

Le disque a été enregistré en analogique. Cela n’a pas été trop stressant du fait du coût ?

Non… Je l’avais déjà fait pour Six Years chez Albini. Je commence à avoir un peu d’expérience. Je savais où je voulais aller et les chansons étaient simples.

H-Burns
H-Burns © Louis Teyssedou

Pourquoi ne pas être retourné aux Etats-Unis pour le mix ?

Noah Georgeson vient d’être papa. Il accepte de travailler à distance et selon des conditions particulières.

Et quelles relations entretiens-tu avec les Etats-Unis depuis l’élection de Trump ? Tu y es retourné depuis ?

Non, je n’y suis pas retourné. J’étais à Los Angeles quand la campagne présidentielle battait son plein. La communauté de musiciens de Los Angeles était assez effrayée. Moi, avec mon regard d’Européen, je les prenais pour des fous : « Il ne passera jamais ».
J’avais l’impression que c’était un pétard mouillé. Mais en traversant les Etats-Unis, j’ai commencé à comprendre que les choses se transformaient. Une fois sorti des îlots californiens, une autre réalité s’est dessinée sous mes yeux.

Ce disque, dans son écriture, est beaucoup plus cynique et ironique. C’est un penchant naturel de ta personnalité ?

Je le suis dans la vie. Je ne l’étais pas dans mes chansons. Mais la maturité me le permet désormais. J’arrive à restituer ce que je suis de manière assez naturelle. J’arrive à faire tomber les masques grâce à l’âge.

Et c’est toujours aussi facile d’écrire des chansons avec l’âge ?

C’est différent. J’ai déjà eu des retours sur mes précédents albums. J’ai donc un peu d’expérience et cela donne un peu de confiance.
Les gens s’intéressent à tes chansons. Je suis content de cette situation. Je suis heureux de me lever le matin.

Et tu as déjà eu peur de la page blanche ?

Tout le temps. C’est une peur récurrente et incontrôlable. Elle s’arrête quand je me mets à écrire. Je peux écrire un disque en deux semaines.

Et qu’est-ce qui déclenche l’écriture ?

Des envies, le retour d’un voyage, un film, un moment. J’ai écrit Kid We Own Summer après la production de Night Moves. On va dire que ma peur est nourricière.

Vois-tu ton écriture comme un métier ?

Totalement. Cela fait douze ans que c’est mon gagne-pain. J’écris pour moi et les autres. Je viens de finir de réaliser le prochain disque de Morgane Imbeaud qui sortira en 2020. J’aime toutes ces expériences.

TOP 10

1) Ton disque préféré de Bill Callahan ?

Ce serait démago de répondre le dernier… Je le trouve brillant. Je vais répondre A River Ain’t Too Much To Love de Smog.

2) Ta chanson préférée de Smog ?

I was a stranger sur Red Apple Falls.

3) Ton film préféré des Frères Cohen ?

The Big Lebowski.

4) Ta bande originale de film préférée ?

High Fidelity.

5) Le meilleur endroit sur terre pour faire un concert ?

Je ne l’ai pas fait… Il y a un petit festival à Big Sur près du Henry Miller Memorial Library.

6) Le meilleur endroit sur terre pour voir un concert ?

Le Hollywood Bowl.

7) Le refrain ultime ?

She loves you des Beatles.

8) Côte Ouest ou côte Est ?

Côte Ouest.

9) Un écrivain qui aurait dû faire un disque ?

John Fante

10) Un musicien qui devrait écrire un livre ?

Bill Callahan. Il a publié un recueil de lettres. Mais un roman, il l’a dans les pattes.

H - Burns - Midlife

Midlife d’H-Burns est sorti le vendredi 29 mars 2019 chez Vietnam.
H-Burns sera en concert entre autre au Brise Glace (Annecy) le 29 septembre avec Mattiel, au Sons d’Automne (Quessoy) avec Red, Olivier Marguerit et Bertrand Belin le 1er novembre, à la Cordonnerie (Romans-sur-Isère) avec Morgane Imbeaud le 20 décembre.

h-burns_midlife`

Tracklist : H-Burns - Midlife
  1. Tigress
  2. Actress
  3. Crazy Ones
  4. Sister (feat. Kate Stables)
  5. Tourists
  6. Leaving
  7. Midlife
  8. Saturday
  9. Pretty Mess
  10. Black Dog
  11. Dreamchaser
  12. Friends

H-Burns en concert.
DateLieuTickets
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Dates de concerts fournies par Bandsintown

Pouet? Tsoin. Évidemment.

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