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Son du jour

Vidéo : Antoine Wielemans – Sel

Le sel de la vie. On a besoin parfois de donner du goût à un plat, ici Antoine Wielemans (Girls in Hawaii) nous redonne un peu d’appétence malgré les cœurs en hiver.

Le sel oxygène le sang. Et quand on écoute Antoine Wielemans, on le sent couler dans nos veines même si l’on n’en a guère. Il nous enlace avec un titre rythmé par la marée permettant une douce introspection. « Le doute est le sel de l’esprit » écrivait Alain, écoutons ceux d’Antoine pour mieux dompter les nôtres.

Le premier album d’Antoine Wielemans sortira à l’automne chez 30 février / Pias.

Antoine Wielemans – Sel

« Sel est le premier titre que j’ai écrit en français.
Ou plutôt le premier dont j’étais heureux.
Le besoin de m’exprimer dans ma langue maternelle était de plus en plus fort.
L’anglais était soudain devenu un outil trop flou.
Il ne m’attirait plus.
Et puis je voulais raconter plus précisément.
Souvent, je tentais des petites approches furtives.
J’étais à la fois effrayé et excité.
J’en avais envie mais j’étais pas sûr d’y croire vraiment.
Et puis comme toujours, ça s’est décoincé d’un coup, en quelques minutes.
Au piano, un après midi de canicule, au mois de juillet.
Les bruits de la ville envahissaient l’appartement et la chaleur était suffocante.
J’avais probablement besoin de grand air, c’est venu comme ça.
Pourtant l’image mentale que j’avais en tête était assez froide et peu idyllique
celle d’un corps humain échoué sur le ventre et que la marée descendante laissait découvrir…

Lentement la mer se retirait, laissant ses algues emberlificotées à tes pieds…

J’imaginais des lianes d’algues tressées autour d’une peau bleuie par le froid de l’eau.
Une mer sombre et claquante, plutôt l’Atlantique que l’Océan Indien.
Et puis cette phrase que j’aimais bien, surtout dans son rythme.

les parfums douloureux dans la houle brumeuse s’étaient envolés…

D’abord j’y parlais de la mer, me vint alors l’idée d’un deuxième couplet qui parlerait d’un père.
Pour la musique je voulais lui donner un côté aérien, m’imaginant Goéland observant la scène.
Je voulais jouer le vent.
J’ai écrit la plupart des morceaux du disque dans une maison de vacances, en Normandie, au bord des falaises, maison que je pouvais occuper parfois l’hiver. Je travaillais beaucoup la nuit.
Souvent dehors c’était le vent, c’était la pluie, c’était le froid.
Les tempêtes hivernales me fascinaient.
Le clip on l’a tourné là bas, avec mon ami Manou Milon, tout début février.
J’avais cette idée simple de retrouver le froid de l’hiver, de souffrir un peu…
Porter un léger t-shirt, comme en plein été et chanter le morceau au bord des falaises, dans le froid… »

Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
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