chronique :Miles Kane – Colour of the Trap
On n’attendait pas grand-chose du gamin Kane… Un groupe transparent, une collaboration douteuse avec Alex Turner. Et ? Eh bien un sacré album qui peut se classer entre un album d’Ocean Colour Scene et une compilation sixties (pléonasme).

Miles Kane

Il a tout pour agacer celui-là. Présent au bon moment, Kane a occupé le paysage musical bien malgré lui. C’est dire le bien triste état du rock anglais. On est forcé d’écouter les Vaccines, chouette combo païen qui fait du Ramones pour dépressif, pour se la couler douce.
Avec un grand renfort de marketing, on a appris que ce petit gars de Liverpool sortait un disque. Bien. Rien à battre. Surtout que le premier extrait (Inhaler) était franchement pas bien excitant…

Puis Come Closer est arrivé il y a quelques semaines. Propre sur elle. Un riff et une basse en béton armé. Le Swinging London revit. Fichtre. Ce type peut donc sortir une chanson correcte seul. L’affaire est à revoir.
Le bougre n’est pas né de la dernière pluie et s’est très bien entouré. Dan the Automator et Dan Carey aux manettes, Gruff Rhys, Noel Gallagher aux claquettes, Clémence Poesy en guise de Ronette.. Du beau linge qui attire l’attention et qui fait saliver son monde.

Ce petit malin de Miles Kane a donc joué le tiercé dans l’ordre pour débuter ce Colour of The Trap. Come Closer, Rearrange et My Fantasy sont les trois fortes têtes de ce disque. Les arrangements de la deuxième et la solitude qui se dégage de la dernière sont d’excellents compléments aux dernières livraisons des The Coral et aux trop sous-estimés Cast. Enchaînement jouissif, ces titres sont à déguster avec une bonne bière et une Benson & Hedges (cigarettes  préférées des Gallagher).

Si Counting Down The Days tente de faire une transition en douceur, Kane mouline tel un Don Quichotte à l’envers dans cette moitié d’album qui est un véritable ventre mou. Take The Night From Me est trop musclée pour le jeunot qui se prend pour Richard Hawley. Le navire prend l’eau. Kingcrawler ennuie et on passe son tour. Mais que se passe t-il ? Le jeune poulain se transforme en vieille bourrique qui refuse d’avancer.

La fin de Colour of the Trap est quant à elle bien plus solide. Telepathy et Happenstance sont un glorieux et honorable clap de fin.

Kane peut donc figurer dignement sur le rayon « Made in Liverpool » du H.V.M. des scousers entre Shack et The Coral. Rien que pour les trois premiers titres. La classe.