Alex Turner et sa bande seraient-ils devenus des gens intéressants ? C’est la question que l’on peut légitimement se poser après des albums (quelque peu) dispensables et le gâchis de la présence du trop rare Bill Ryder Jones sur l’escapade solo de Turner que constitue Submarine.

Les détracteurs des Arctic Monkeys peuvent bouffer leur chapeau et se retirer les capotes des oreilles. Enfin juste un morceau du chapeau et une oreille. Un des premiers extraits à avoir été lâché sur la toile constitue une pièce de choix: Don’t Sit Down ‘Cause I’ve Moved Your Chair est un morceau bien ficelé qui permet à Turner de hausser le ton. Il quitte la cour de récréation et envoie tout valser, allant puiser dans des influences jusque là inconnues. On peut évidemment lui pardonner. Son groupe et son trajet servent de modèle pour tous les jeunes groupes made in UK. Les Arctic Monkeys sont un modèle, et ce qui est intéressant, en ce sens, c’est l’écart au modèle. Groupe phare des années 2000, il a incorporé assez rapidement Internet à son développement. D’autres non. Les Coral se retrouvent à chercher des pounds sous le matelas pour enregistrer un disque. Turner, malgré ses défauts, est toujours resté concentré sur son boulot. D’autres, non. On n’ose évoquer l’étron que constitue le dernier Wombats…

Suck It and see possède tout de même une paire de morceaux ennuyeux. Les trois premiers moulinent sacrément à vide. Un peu comme Humbug. Les Arctic Monkeys quittaient leur rock bas du front, qui faisait passer The Automatic pour les La’s, pour voguer dans le désert et les terres de Josh Homme. Mais les petits loups n’en avaient pas les moyens. Et voilà que l’aventure continue. Enfin continue…

The Hellcat Spangled Shalalala limite la casse (grâce à une section rythmique efficace) et sert de tremplin au meilleur moment du disque. Autre moment guilleret du disque: Reckless Serenade et ses accents liverpuldiens. Sur les trois premiers disques, le batteur sauvait la machine. Voilà que son collègue bassiste vient ramer dans le même sens. Mais pas pour longtemps. La fin du disque retombe dans les mêmes travers que  le trio de tête. De l’importance d’être constant écrivait Wilde.

Bref. Trois morceaux qui valent le coup. Trois fois plus que d’habitude. De l’importance d’être inconstant écrivait on ne sait qui.

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Réponses

  1. Bonjour !

    Tout d’abord, je te félicite pour ton article. La plupart du temps, quand on lit une critique musicale sur tel ou tel site (ex: les Inrocks), ça manque cruellement de recherches et de profondeur.
    Ta critique est constructive, et, qu’on le rappelle, il y a toujours une part de subjectivité dans tout ce qu’on entreprend.
    Par contre, moi je trouve que tout ce que les Monkeys ont réalisé jusqu’à présent sont de pures merveilles, les paroles sont toujours très recherchées, bien tournées et très espiègles, les rythmes toujours très entrainants, alternant le doux et le saccadé.
    La sortie de Humbug, c’est le choix de se diversifier musicalement, de tâter un nouveau terrain, de changer de style, et c’est agréablement réussi : tout l’album s’inscrit dans une nouvelle voie, et mis à part My Propeller ou I haven’t got my strange, elles sont toutes géniales.
    Suck it and See est formidable, j’avais eu du mal avec Humbug au début, mais j’ai tout de suite adhéré à ce nouvel album « touche à tout », on sent de multiples influences comme tu l’as fait remarquer, et c’est impressionnant de voir que ces jeunes parviennent à jouer un nouveau style avec autant de brio, She’s thunderstorms ou Black trickles, elles sont lentes mais tellement prenantes, Library Pictures est folle, Reckless Serenade est vraiment douce, apaisante et belle… Je pourrais continuer incessament, mais tu as compris l’image. Mais c’est intéressant de lire ta critique, j’ai beaucoup aimé, et ça change des déchets qu’on nous pond sur la plupart des sites !
    Bonne continuation

  2. « D’autres, non. On n’ose évoquer l’étron que constitue le dernier Wombats… »
    « Bref. Trois morceaux qui valent le coup. Trois fois plus que d’habitude »
    I hope you will get AIDS and die.

  3. Et à part le commentaire sur le bassiste (bien présent sur plusieurs morceaux) de l’album, je pense tout à fait le contraire de ce que dit l’article. Exemple : « The Hellcat Spangled Shalalala » est si ennuyeux. Effectivement, il y a une grosse part de subjectivité. Heureusement !

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