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Chroniques d'albums

Farewell Poetry – Hoping For The Invisible To Ignite

Farewell Poetry, plus qu’un groupe, c’est un véritable collectif d’artistes. Six musiciens parisiens et une vidéaste Anglo – Saxonne. Ils mélangent leur médias, leur arts, leurs discours, leurs visions, pour aboutir à la couleur, l’expérience Farewell Poetry. Actif depuis plusieurs années, sur scène, dans divers festivals… Farewell Poetry sort cette année son premier et ambitieux album.

Farewell Poetry oscille entre Drone, et Post Rock auquel vient s’ajouter la poésie mélodique de Jayne Amara Ross. Sa voix douce et savamment modulée est un instrument de plus qui mélodieusement, s’insère parfaitement, un instrument de la transe suscitée par les mélodies de Farewell Poetry. Une incantation, presque une prière.

As true as Troilus, probablement la pièce centrale de l’album, est une expérience sensuelle et sensorielle, onirique, ésotérique et anxiogène, accompagné d’un film lynchien au noir et blanc sublime. Il en ressort une oeuvre pleine de montés en puissance et d’éclaircies résignées, asphyxiée et asphyxiante, assortie d’une guitare qui se plaint et d’une trompette en plein délire. Une expérience, définitivement.
Suit à ce morceau fleuve, All In The Full, Indomitable Light Of Hope, la première partie est un drone chamanique au violon esothérico-gothique, quand la guitare post rock de la partie II en font un morceau lumineux et oxygénée.
Puis, en guise d’Outro à l’album, In Dreams I Lifted Out, un morceau terriblement nostalgique.

Farewell Poetry @ St Merry, Paris - 30/09/2011
Farewell Poetry @ St Merry, Paris - 30/09/2011

Le 30 Septembre, dans le cadre des RDV contemporains, l’Eglise St Merry accueillait le collectif, augmenté d’une quantité d’invités qui transformait le groupe en un petit orchestre aux sein du choeur transformé en scène pour l’occasion.
En live, la puissance et l’imagerie de Farewell Poetry se déploie, surtout dans une salle comme l’Eglise Saint Merry qui convient si bien à l’ambiance du collectif. Néanmoins, ce sont aussi les failles du groupes qui sont mises en exergue.
Farewell Poetry est peut être trop ambitieux et pêche par excès. Certains morceaux auraient probablement gagnés à être réduits de quelques mesures, tant ils sont un peu plombé par les redondances qui, si elles suscitent la transe, peuvent finir par susciter l’ennui.
D’autre part, ce qui frappe, c’est la gravité et le sérieux du tout. Rien ne s’allège jamais. Même les quelques éclaircies sont résignées. Ce qui conduit à une prestation éprouvante. Encore que, si pour moi c’est peut être une croix dans la case des négatifs, je peux concevoir aisément que d’autres place cela en point positif.

L’art work est à l’image de la musique, douce et dure, poétique et noire et on le doit à Alice Lewis. Et pour clore le tout, le disque est assorti d’une captation live réalisée par Alain G. (Himself) et Rod Maurice.

En ce sens et pour tout cela, Farewell Poetry est une expérience et un objet global, ou chaque élément est participatif d’un tout. Si ce premier effort est peut être trop ambitieux, il possède tous les ingrédients nécessaires pour en faire un album de qualité et mettre Farewell Poetry sur la liste des groupes à suivre. Indéniablement.

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.
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1 réponse sur « Farewell Poetry – Hoping For The Invisible To Ignite »

J’avais raté leurs précédentes dates et j’ai bien fait d’y être vendredi ! Merci à Farewell de nous avoir livré un live aussi dense, complet. Le passage des choeurs etait une véritable merveille de moment.

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