Catégories
Chroniques d'albums

Dinosaur Jr. – I Bet On Sky

Dinosaur Jr - I Bet On Sky

Il était une fois trois petits cochons qui s’ennuyaient dans leur Massachusetts natal. L’un pris une guitare, l’autre une basse et le dernier la batterie. Après de nombreuses péripéties, les trois compères arrivèrent sains et saufs en 2012 et publièrent de nouveau un album essentiel.

Dinosaur Jr.

Ces types sont diablement impressionnants. Après quelques disques fondamentaux et des disputes légendaires, J Mascis, Lou Barlow et Murph succombèrent à la tentation de la reformation en 2005. Pourquoi pas… Ils n’étaient pas les seuls à succomber à ce péché. Après la sortie de quelques rééditions, la bande d’Amherst reprit la route.
Comme si la blague n’avait pas assez duré, Dinosaur Jr. s’amusa à sortir un disque, Beyond. Excellent. Surpassant les livraisons des années 90. A l’aise. Un cas d’école. Alors que la grande majorité des reformations se vautraient lamentablement, Dinosaur Jr. sortait un chic disque avec une facilité déconcertante.
Jay et Lou font dans le comique de répétition : en 2009 Farm reprenait paresseusement mais avec talent les affaires de 2005. Nous sommes en 2012 et la blague dure toujours.

Et il se pourrait bien que I Bet On Sky soit le meilleur des trois. Les riffs autistes de Mascis et la basse lourde de Barlow sont au service de chansons parfaites. Les cinq premières de de disque relativement courts sont hallucinantes. Le riff du morceau d’ouverture peut rendre fou les gens fragiles. Une véritable cure de jouvence. 30 ans d’existence et une jeunesse immaculée. A coté d’eux, les Foo Fighters passent pour des séniles et Bloc Party pour des petits vieux débordés par leurs fuites urinaires.
Watch The Corners, morceau schizophrène alternant entre refrain pop juvénile et couple destructeur et abrasif (cette basse..) propulse le disque dans une autre dimension.

Voyage au bout des 90’s. Après un tel moment de bravoure, Dinosaur Jr. ramasse la mise. Almost Fare, clin d’œil à Several Shades Of Why calme les choses.

A l’écoute de ce disque, on ne peut qu’accuser Mascis and co de paresse en ce qui concerne les deux derniers disques. I Bet On Sky est un album diablement inspiré.
Recognition, une des deux chansons écrites par Barlow, frise l’excellence. Rude, quant à elle, est assez dispensable.

Les types de Dinosaur Jr. sont des gens rassurants. Certaines choses sont immuables. La voix de Mascis et cette sempiternelle hésitation entre pop doucereuse et débroussailleuse métallique sont les piliers de ce groupe qui a malheureusement inspiré plus d’un tâcheron sur terre. On sait pourquoi on paye. Mais là, Dinosaur Jr. vient d’envoyer Cortez the Killer dans les nuages.

Dinosaur Jr – Watch the corners.

Dinosaur Jr. – I Bet On Sky5.0
10/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cela pourrait vous intéresser

Mike Johnson

Mike Johnson, les hauts d’un bassiste

Membre de Snakepit (dont il faut réécouter urgemment les morceaux de From Vegas To Memphis), bassiste des Dinosaur Jr, proche de Mark Lanegan, Mike Johnson n’a pas chômé au cours des années 90. Il faut donc profiter de notre retraite forcée pour redécouvrir les disques de cette plume fine et sombre de l’Amérique des 90’s.
Pointu Festival 2017

Chapeau ! Pointu Festival

Un cadre magnifique, une programmation à tomber à la renverse et une entrée gratuite… C’est le Pointu Festival qui remporte donc haut la main le titre du meilleur festival estival de l’année 2017. SK* a sélectionné pour vous les concerts immanquables de cette édition. Il y a des poids lourds (Dinosaur Jr, Kurt Vile, Ride)…
Dinosaur Jr. - Give a Glimpse of What Yer Not

Dinosaur Jr. – Give a Glimpse of What Yer Not

Mais à quoi tourne J Mascis ? Le nouvel album de ses Dinosaur Jr., Give a Glimpse of What Yer Not, fait passer tous les petits jeunes pour des pantouflards armés de déambulateurs. Sur le circuit depuis 1984, Dinosaur Jr. ne tremble pas et tient toujours la boutique.
TINALS 2016

Love is in the air

Le festival This Is Not A Love Song est désormais l’un des festivals indispensables dans l’offre estivale, il se déroulera les 3, 4 et 5 juin dans l’antre Paloma à Nîmes que vous rallierez par tous les moyens, malgré les grèves et les inondations ! SK* a posé quelques questions à Fred Jumel, l’une des…

Plus dans Chroniques d'albums

Giant Sand - Ramp

Giant Sand – Ramp

Certains ont pour loisir la pêche, d’autres la pétanque. Le patron de Fire Records préfère laisser les boules aux autres et se concentre sur les rééditions de ses disques préférés. Après avoir ressorti le catalogue de Television Personalities et celui de Bardo Pond et avant de s’attaquer aux beaux disques des Chills et des Lemonheads,…
Nadine Shah - Kitchen Sink

Nadine Shah – Kitchen Sink

Après avoir traité des problèmes géopolitiques mondiaux sur Holiday Destination, l’anglaise Nadine Shah change de braquet et décide de s’occuper d’elle et de la société anglaise. Sur ce quatrième et nouvel album, elle passe à la moulinette les défauts de la société anglaise et a écrit, inconsciemment, ses meilleures chansons.
Lane - Pictures of a Century

LANE – Pictures of a century

Le coup de poing musical de la semaine (ou du mois, voire de l’année) est signé LANE (pour Love and Noise Experiment). Avec dans ses rangs des anciens Thugs et des anciens DARIA, on savait que le niveau serait relevé. Il l’est tellement que les chansons de ce premier disque débordent dans notre salon et…

Manopolo – Billie

Premier EP pour le duo amiénois. Premier EP avec quatre morceaux qui allie la soul et le blues. Quatre morceaux écrits pendant le premier confinement. Quatre morceaux qui sont autant de rêves éveillés.
Built to Spill - Built to Spill plays the songs of Daniel Johnston

Built To Spill – Built To Spill Plays the Songs of Daniel Johnston

Doug Martsch a toujours été un immense fan de feu Daniel Johnston. Il reprenait, dès 1994, les chansons de ce dernier avec la première version de Built To Spill. En 2017, l’agent de Daniel Johnston proposa à Martsch que BTS soit son backing band. L’affaire fut conclue. En trois ans, beaucoup de choses se sont…

Jehnny Beth – To love is to live

Et entre les deux, la rage. Entre un S et le verbe aimer. La rage, en forme d’apostrophe impossible, quand les deux ne veulent pas se coller. S’aimer, pourtant. To love is to live, comme l’annonce Jehnny Beth. Vivre. Aimer. Vivre et puis aimer. S’aimer peut-être, s’aimer enfin, tant ses chansons prennent la forme d’un…
Régina Demina - Hystérie

Régina Demina – Hystérie

On voudrait voir la dame blanche, en short serré, talons aiguilles et joli décolleté, on se trouverait probablement au bon endroit. On souhaiterait voir la Belle et la Bête monter une barre de pole dance, ou Atchoum se maquiller en princesse, on le serait probablement encore aussi. Car Régina Demina est un enchevêtrement de peut-être,…