Dinosaur Jr. – I Bet On Sky

Dinosaur Jr - I Bet On Sky (chronique)
Louis - 13/09/2012

Il était une fois trois petits cochons qui s’ennuyaient dans leur Massachusetts natal. L’un pris une guitare, l’autre une basse et le dernier la batterie. Après de nombreuses péripéties, les trois compères arrivèrent sains et saufs en 2012 et publièrent de nouveau un album essentiel.

Dinosaur Jr.

Ces types sont diablement impressionnants. Après quelques disques fondamentaux et des disputes légendaires, J Mascis, Lou Barlow et Murph succombèrent à la tentation de la reformation en 2005. Pourquoi pas… Ils n’étaient pas les seuls à succomber à ce péché. Après la sortie de quelques rééditions, la bande d’Amherst reprit la route.
Comme si la blague n’avait pas assez duré, Dinosaur Jr. s’amusa à sortir un disque, Beyond. Excellent. Surpassant les livraisons des années 90. A l’aise. Un cas d’école. Alors que la grande majorité des reformations se vautraient lamentablement, Dinosaur Jr. sortait un chic disque avec une facilité déconcertante.
Jay et Lou font dans le comique de répétition : en 2009 Farm reprenait paresseusement mais avec talent les affaires de 2005. Nous sommes en 2012 et la blague dure toujours.

Et il se pourrait bien que I Bet On Sky soit le meilleur des trois. Les riffs autistes de Mascis et la basse lourde de Barlow sont au service de chansons parfaites. Les cinq premières de de disque relativement courts sont hallucinantes. Le riff du morceau d’ouverture peut rendre fou les gens fragiles. Une véritable cure de jouvence. 30 ans d’existence et une jeunesse immaculée. A coté d’eux, les Foo Fighters passent pour des séniles et Bloc Party pour des petits vieux débordés par leurs fuites urinaires.
Watch The Corners, morceau schizophrène alternant entre refrain pop juvénile et couple destructeur et abrasif (cette basse..) propulse le disque dans une autre dimension.

Voyage au bout des 90’s. Après un tel moment de bravoure, Dinosaur Jr. ramasse la mise. Almost Fare, clin d’œil à Several Shades Of Why calme les choses.

A l’écoute de ce disque, on ne peut qu’accuser Mascis and co de paresse en ce qui concerne les deux derniers disques. I Bet On Sky est un album diablement inspiré.
Recognition, une des deux chansons écrites par Barlow, frise l’excellence. Rude, quant à elle, est assez dispensable.

Les types de Dinosaur Jr. sont des gens rassurants. Certaines choses sont immuables. La voix de Mascis et cette sempiternelle hésitation entre pop doucereuse et débroussailleuse métallique sont les piliers de ce groupe qui a malheureusement inspiré plus d’un tâcheron sur terre. On sait pourquoi on paye. Mais là, Dinosaur Jr. vient d’envoyer Cortez the Killer dans les nuages.

Dinosaur Jr – Watch the corners.

Dinosaur Jr. – I Bet On Sky
5.0
Pouet? Tsoin. Évidemment.

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