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Fink – Hard Believer

Fink - Hard Believer

Fink - Hard Believer
Fink – Hard Believer

La première fois que j’ai entendu This is the thing j’en ai recraché mon couscous. Je ne connaissait pas le type, mais cette soudaine sensation qu’il n’y a pas besoin de faire du bruit pour résonner m’a parcouru ; cette voix, imposante, fidèle qui vous suit et ne vous lâche pas, comme une vieille amie. Fink revient avec Hard Believer et c’est forcément un événement.

Fink

Ça commence bien avec un Hard Believer spirituel, incanté avec conviction. Un blues qui n’en est pas un mais qui viens des racines profondes de la voix. Quelque chose sommeillait et s’éveille avec cette chanson. Si lui a du mal à croire, nous on y parvient.

Fink – Hard Believer

Le prosélytisme continue avec Green and the Blue, la croyance passe, la voix ne s’écarte jamais du chemin étroit. Les 6 minutes défilent, litanie lente, on atteint son au-delà à lui cette guitare suspendue qui nous attend.

Puis vient un White Flag moins éloquent au potentiel évident mais dont la reverb douteuse nous fait demander si sa petite cousine à pas trop tripoté les potards pendant la sieste. Peut-être un très léger manque de subtilité dans la production qui fait passer la chanson tout près de sa puissance évocatrice possible.

Fink – Looking Too Closely

Dans l’ensemble c’est la prod’ (« le diable est dans les détails »), le choix des nappes, des sons, l’apparition un peu systémique des envolées sonores qui fait trébucher l’album dans sa recherche de la vérité. Certains titres passent entre les gouttes et acquièrent leur statut de bijou (Two days later), d’autres, moins chanceuses sonnent parfois comme du rock à la The Verve fait à l’amiable, pas méchant. Le courant se rétablit sur des merveilles comme Truth Begins, un titre comme un signe : c’est quand il ne nous sature pas d’artifices qu’il nous en dit le plus.

Un album qui souffle le chaud et le tiède et cela reste important à préciser. On attend un tout petit peu mieux parce que Fink c’est Fink et que Fink c’est beau et que si la beauté est exigeante, nos exigences quand à la beauté sont d’autant plus… euh… exigeantes. A mettre entre toute les mains quoi qu’il en soit même celle de votre petite cousine, pas de doute, si, si.

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2 réponses sur « Fink – Hard Believer »

Belle conclusion et totalement d’accord avec toi…
Fink c’est Fink et que Fink c’est beau et que si la beauté est exigeante, nos exigences quand à la beauté sont d’autant plus… euh… exigeantes

Merci Fabien, en plus j’adore qu’on soit d’accord avec moi^^.Merci pour le com!

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