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Lana Del Rey – Ultraviolence

Lana Del Rey - Ultraviolence

Lana Del Rey - Ultraviolence
Lana Del Rey – Ultraviolence

Lana Del Rey nous avait laissé (sur notre faim ou pas) avec son Born to Die sensé poser les bases de son univers mélancolique de sirène qui cherche toujours la mer en tenant la carte à l’envers. Ultraviolence signe son retour avec son lot de beautés copiées collées et de mélodies paradisiaques. Reste à savoir si le paradis est artificiel.

Dan Auerbach des Black Keys aux commandes on est en droit d’attendre un peu plus de cet opus, peut-être même autre chose. Mais l’album ne cherche pas à surprendre, pas a dévoiler une autre facette de l’artiste. Auerbach la couvre de nappes et d’atmosphères comme on couvre une amante de fleurs, courtoisement. Les deux n’étaient pas fait pour se combattre, ils se comprennent c’est tout, et loin d’appuyer sur la gâchette, continuent de nettoyer le flingue, de le lustrer, de le charger. Le coup partira-t-il un jour ? Ou est-elle condamné à errer dans ces albums solitaires qui parlent du vide mais n’en ont pas la vasteté ? Le problème principal de Lana Del Rey serait-il de trop sonner comme du Lana Del Rey ? A l’image du titre Ultraviolence qui donne envie de dire : « tu me l’a déjà faite écouter celle là non ? Elle est bien… ».

Lana Del Rey – Ultraviolence

Ultraromantisme théâtralisé louable à l’époque de la pop porno le décor reste le même cependant, toujours, le même, quelques mouettes au loin, une plage déserte, une voiture abandonnée et l’Amérique quelque part perdue dans ses grandes villes. Ça donne envie de faire la cour à sa voisine même si l’on sait que cet amour finira mal, ou ne commencera jamais. C’est peut-être le problème de la musique de Lana del Rey sans commencement ni fin comme un amour déçu. L’album peut-être passé en boucle, il est un tout, presque une chanson unique, jamais ennuyeuse, toujours immensément mélodieuse, cohérent pour certains, par trop berceur pour d’autre.

Mais comment ne pas rester en suspend durant le touchant Is This Hapiness ? Comment ne pas s’arrêter de peler ses pommes de terre quand passe le beau et naïf Brooklyn Baby. Car cette naïveté des paroles n’est elle pas finalement le moyen de situer l’action en deux mots ? « My boyfriend is in a band, he plays guitar while sing Lou Reed », c’est pas du Faulkner mais c’est compréhensible, immédiatement situable, ça peut faire sourire doucement, ou ça peut créer un rapprochement direct. Il est finalement inutile d’attaquer Lana Del Rey sur ses tics, ses préciosités puisqu’elles sont l’âme même de sa musique. C’est cette candeur précisément, qui pour l’instant la porte.

Lana Del Rey – Brooklyn baby

Un joli album, encore, qui ne ressemble à rien d’actuel et dont la qualité ne se mesure qu’à l’aune de la résonance que ses notes peuvent provoquer en vous. Un joli album oui, mais qu’on pourra trouver un peu long et qui va doucement vers son propre essoufflement ou celui de l’auditeur.

Lana Del Rey – Ultraviolence4.0
8/10
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