La Roux – Trouble in Paradise

La Roux - Trouble in Paradise
Maxence Fuster - 23/07/2014
La Roux - Trouble in Paradise
La Roux – Trouble in Paradise

En 2009 La Roux c’était une Elly Jackson entre la sirène des pompiers et la Sirène d’Andersen, ça pouvait vous faire sursauter ou vous charmer mais ça restait un premier essai de haute volée aux singles inspirés et galvanisants. 2014 (c’est l’année d’en ce moment) voit sortir le deuxième opus du Duo Anglais, Trouble in Paradise. Album de la maturité ?

La Roux

Déjà, il nous faut revenir sur la phrase stupide sus-écrite par votre serviteur, « album de la maturité » dans ce cas précis ça ne voudrait rien dire. Par exemple est-ce qu’on demande à Jordy de sortir un album de la maturité ? Non. Ce qui était bien chez La Roux c’était l’ingénuité du truc. La voix qui claquait toujours comme un fouet, les instrumentales ultra-efficaces. C’était pas d’un raffinement dingue mais ça vous refilait la bonne dose d’endorphine dont vous aviez terriblement besoin.
Trouble in Paradise semble un nom prédestiné, on avait un angelot androgyne qui ne se foulait pas sur les paroles mais qui chantait avec son sifflet de voix et ses tripes (cf. Cover my eyes où la voix semblait subitement nue, hors des effets électros) et on récupère une chanteuse en pleine accalmie qui à l’air de s’être maquée et d’avoir fait des gosses entre-temps.

La Roux – Uptight Downtown

Il est la le problème de ce Paradis on dirait que Elly Jackson s’est découvert une voix de basse et néglige ses aigüs pourtant si beaux. Bien sur le procès n’est pas dans la tonalité choisie mais la voix est tellement souvent sous-mixée qu’on se retrouve avec un album de refrain au couplet replets et mou du bides. Là où le précédent nous accrochait perpétuellement au vol on se retrouve avec des instrumentales un peu blafardes et des bridges aux effets douteux qui se veulent nébuleux mais ne sont finalement qu’ennuyeux. L’album peut donner l’illusion d’une tentative d’orfévrerie electro, on sent que cette musique là se cherche une densité mais elle passe finalement à côté de ses enjeux : dès que ça ne chante pas on se surprend à décrocher et parfois même on ne revient pas vraiment. Ça glisse bien souvent comme la pluie sur le ciré jaune de la fille qui se balade seule sur la plage.

Tout n’est pas à jeter pourtant, loin s’en faut, certains refrains savent encore nous tirer par l’oreille. Paradise is you est même une excellente chanson. On peut même l’aimer cet album-là, mais là n’est pas la question, ce ne sera de toutes façons pas un amour passionné. Un opus « à la longue » peut-être qui peut trouver sa place dans un mp3 et revenir ponctuellement se rappeler à votre bon souvenir, pas la merveille attendue, cinq ans quand même !

La Roux - Trouble In Paradise
Réponses

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Chroniques d'albums

Terry Hall - Home

Terry Hall – Home

Le Disquaire Day est reporté au 20 juin 2020 pour les raisons que nous connaissons tous. Heavenly Recordings, le label de Jeff Barrett, devait publier la première édition vinyle de Home de Terry Hall. Publié uniquement en CD en 1994 chez Anxious Records, le label de Dave Stewart d’Eurythmics, Home est un grand disque de…

Pearl Jam - Gigaton

Pearl Jam – Gigaton

Au début des années 1990, Pearl Jam faisait la passe de trois avec ses trois premiers albums (Ten, Vs. et Vitalogy). Trois albums, trois grands disques de rock américain. Depuis l’arrivée des années 2000, Pearl Jam a réussi l’exploit de sortir des disques plus que corrects mais enrubannés dans des pochettes giga laides. Le dernier…

Baxter Dury - The Night Chancers

Baxter Dury – The Night Chancers

La carrière de Baxter Dury a débuté en 2001 avec Oscar Brown, un single magistral et claustrophobe. Elle aurait dû connaitre son acmé avec trois concerts parisiens trois soirs d’avril qui devaient accompagner la sortie de The Night Chancers. Le sacre du fils prodigue est reporté.

Cornershop - Engaland is a Garden

Cornershop – England is a Garden

Révélés au grand public en 1997 par le très dansant Brimful Of Asha (deuxième morceau de l’impeccable When I Was Born For The 7th Time), les Cornershop ont depuis enchaîné des phases de silence prolongé entrecoupées par des sorties de disques brillants. Cornershop n’est pas un groupe qui tourne beaucoup. Par contre, leurs disques tournent…

Bleu – Sweet Coldness

Sweet Coldness est un instant entre deux. C’est la musique d’une chambre d’hôtel. D’un regard. D’une fenêtre. Confiné là, c’est la couleur du dehors. Entre gris, entre bleu. Ça oscille. Et de nouveau, il pleut. C’est une attente. Lascive. À compter le temps qu’il reste. À imaginer un peu tout, la suite en mieux.

Honey Harper - Starmaker

Honey Harper – Starmaker

Rien ne va dans le monde mais tout va bien en Georgie qui est en passe de devenir l’État le plus important des États-Unis. Après le Super Tuesday, après la reformation des Black Crowes, le quatrième état américain fêtera la sortie de Starmaker, le premier album d’Honey Harper.

The Orielles - Disco Volador

The Orielles – Disco Volador

Le label Heavenly Recordings (Saint Etienne, Mark Lanegan) fête dignement ses trente ans avec la sortie de Disco Volador, le deuxième disque des Orielles qui, on le souhaite, ne sera pas leur second.

Greg Dulli - Random Desire

Greg Dulli – Random Desire

Greg Dulli n’a jamais déçu. Que ce soit avec les Afghan Whigs ou The Twilight Singers ou encore avec Mark Lanegan le temps de The Gutter Twins. Ce n’est pas avec son premier album solo que la déception va pointer le bout de son nez.

Pictish Trail – Thumb World

L’Écossais Johnny Lynch aka Pictish Trail est tellement fou qu’il ferait passer son compatriote Steve Mason (The Beta Band) pour quelqu’un de totalement ennuyeux. La preuve avec Thumb World, son nouvel album.

The Lost Brothers - After The Fire After The Rain

The Lost Brothers – After The Fire After The Rain

Encensés par Richard Hawley, produits par Brendan Benson (The Raconteurs) et amis de M. Ward, les Lost Brothers ont tout pour réussir. Si c’est le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis (où ils vont assurer la première partie de M. Ward lors de sa prochaine tournée), fort est de constater que la greffe ne prend…

Humanist – Humanist

Il y a Rob Marshall et les autres. Pour son premier disque solo, l’ex Exit Calm réussit l’exploit de réunir une douzaine de chansons belles à tomber à la renverse avec un casting qui donne le tournis. Humanist est un coup de foudre. Et comme pour Lucien Leuwen de Stendhal, Humanist est un coup de…

Destroyer - Have We Met

Destroyer – Have We Met

Il y a neuf ans, l’ex The New Pornographers Dan Bejar publiait Kaputt un disque somptueux qui avait le mérite d’unir les fans irréconciliables de New Order et de Prefab Sprout. Au lieu de capitaliser sur ce succès, Bejar nous a plongé dans une pop magnifique mais dépressive pendant deux albums. Have We Met sonne…

Andy Shauf - Neon Sklyline

Andy Shauf – The Neon Skyline

En mai 2016, Andy Shauf avait tué toute la concurrence en publiant The Party. Il recommence en janvier 2020 avec The Neon Skyline.

Isobel Campbell- There Is No Other

Isobel Campbell – There Is No Other

Pour un retour inespéré, c’est un retour inespéré. L’ex Belle and Sebastian n’avait pas donné de nouvelles depuis dix ans. Elle est de retour avec There Is No Other, un disque impeccable.

East Village - Hotrod Hotel (2)

East Village – Hotrod Hotel

Michael Schulman, le patron de Slumberland Records (Tony Molina, Pete Astor, Veronica Falls pour ne citer qu’eux) se fait plaisir en rééditant Hotrod Hotel.

Bill Fay - Countless Branches

Bill Fay ‎– Countless Branches

Adulé par les membres de Wilco et de War On Drugs, vénéré par Jim O’Rourke et Ed Harcourt, Bill Fay est définitivement sorti de sa retraite à l’âge de 76 ans avec la sortie de Countless Branches.

Alma Forrer - L'année du loup

Alma Forrer – L’année du loup

« J’ai envie de toi » chante Alma Forrer dans N’être que l’hiver qui ouvre son premier album L’année du loup et à son écoute nous avons aussi terriblement envie d’elle, de ses chansons entre folk américain et variété française au sens le plus noble.

Field Music - Making A New World

Field Music – Making A New World

Si Oasis et Radiohead n’avaient pas existé…. Si les Foals et les Coral n’avaient pas existé… Les Field Music seraient sûrement le groupe anglais le plus influent et le plus médiatisé de ces quinze dernières années.

The Electric Soft Parade - Stages

The Electric Soft Parade – Stages

Retour inattendu (et inespéré) des frères White ! Les Electric Soft Parade ouvrent le bal des sorties de 2020 et mettent d’emblée la barre très haute.