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La Roux – Trouble in Paradise

La Roux - Trouble in Paradise
La Roux - Trouble in Paradise
La Roux – Trouble in Paradise

En 2009 La Roux c’était une Elly Jackson entre la sirène des pompiers et la Sirène d’Andersen, ça pouvait vous faire sursauter ou vous charmer mais ça restait un premier essai de haute volée aux singles inspirés et galvanisants. 2014 (c’est l’année d’en ce moment) voit sortir le deuxième opus du Duo Anglais, Trouble in Paradise. Album de la maturité ?

La Roux

Déjà, il nous faut revenir sur la phrase stupide sus-écrite par votre serviteur, « album de la maturité » dans ce cas précis ça ne voudrait rien dire. Par exemple est-ce qu’on demande à Jordy de sortir un album de la maturité ? Non. Ce qui était bien chez La Roux c’était l’ingénuité du truc. La voix qui claquait toujours comme un fouet, les instrumentales ultra-efficaces. C’était pas d’un raffinement dingue mais ça vous refilait la bonne dose d’endorphine dont vous aviez terriblement besoin.
Trouble in Paradise semble un nom prédestiné, on avait un angelot androgyne qui ne se foulait pas sur les paroles mais qui chantait avec son sifflet de voix et ses tripes (cf. Cover my eyes où la voix semblait subitement nue, hors des effets électros) et on récupère une chanteuse en pleine accalmie qui à l’air de s’être maquée et d’avoir fait des gosses entre-temps.

La Roux – Uptight Downtown

Il est la le problème de ce Paradis on dirait que Elly Jackson s’est découvert une voix de basse et néglige ses aigüs pourtant si beaux. Bien sur le procès n’est pas dans la tonalité choisie mais la voix est tellement souvent sous-mixée qu’on se retrouve avec un album de refrain au couplet replets et mou du bides. Là où le précédent nous accrochait perpétuellement au vol on se retrouve avec des instrumentales un peu blafardes et des bridges aux effets douteux qui se veulent nébuleux mais ne sont finalement qu’ennuyeux. L’album peut donner l’illusion d’une tentative d’orfévrerie electro, on sent que cette musique là se cherche une densité mais elle passe finalement à côté de ses enjeux : dès que ça ne chante pas on se surprend à décrocher et parfois même on ne revient pas vraiment. Ça glisse bien souvent comme la pluie sur le ciré jaune de la fille qui se balade seule sur la plage.

Tout n’est pas à jeter pourtant, loin s’en faut, certains refrains savent encore nous tirer par l’oreille. Paradise is you est même une excellente chanson. On peut même l’aimer cet album-là, mais là n’est pas la question, ce ne sera de toutes façons pas un amour passionné. Un opus « à la longue » peut-être qui peut trouver sa place dans un mp3 et revenir ponctuellement se rappeler à votre bon souvenir, pas la merveille attendue, cinq ans quand même !

La Roux - Trouble In Paradise

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