Pearl Jam - Backspacer, Chronique CD

Quand j’ai entendu le premier single de Backspacer à la radio, « The Fixer » ressortait par rapport à la grisaille de la programmation de septembre. J’ai même eu du mal à croire que c’était Pearl Jam tellement c’était péchu !

Pour ma part, j’avais l’impression que ça faisait une éternité qu’on les avait pas entendus… Pourtant leur huitième opus, Pearl Jam, est sorti au printemps 2006. Néanmoins, malgré le fait qu’on leur reconnaisse un statut de Groupe de Rock Culte – voire de « Greatest American rock band ever » d’après les lecteurs d’USA Today en 2005 : sur les ondes françaises, on les entend pas si fréquemment.

Pour en revenir à l’album, Pearl Jam sort Backspacer sur son propre label Monkeywrench aux States, mais à l’international, c’est Universal qui s’en occupe. Pour ce nouvel album ils se sont réconciliés avec le producteur Brendan O’Brien. Brendan, qui a collaboré avec le groupe de l’album Vs. en 1993 à Yield en 1998, revient après trois albums d’absence. Et cette fois-ci, après avoir constaté son travail avec Bruce Springsteen, le quintet de Seattle aurait décidé d’écouter ses conseils. Pas sûrs qu’il les suive, mais il les écoute. Le rendu: un album aux influences Pop et New Wave.

Pearl Jam

Pearl Jam

C’est sûr ça nous change des albums précédents. Déjà Backspacer est très court : 11 titres et 37 minutes. L’atmosphère est moins sombre aussi, moins torturée – limite enjouée. Les paroles, quant à elles, sont on ne peut plus positives. « Got some » parle d’un ami de Vedder qui a réussi à arrêter la drogue ; « Just Breathe » nous enjoint à prendre le temps apprécier les moments heureux de notre vie ; « Supersonic » déclame un amour pour la musique… apparemment c’est l’effet Obama qui les rend si optimistes.

Le début est très rapide, très énergique, avec « Gonna See My Friend », suivi de « Got Some » – le titre joué en avant première au Tonight Show – et le fameux single péchu « The Fixer ». Ensuite, après « Johnny Guitar », qui ressort complètement du contexte Punk ou Grunge, on est surpris de changer radicalement d’atmosphère : « Just Breathe » est une ballade, une ballade à la Kansas ! Sûrement le contrecoup d’Into The Wild, on ne se remet pas si facilement d’écrire la bande son d’un tel film.

Le titre suivant, « Amongst the Waves » a un petit côté « Alive » (du premier album Ten) qui rassure tellement dans cet album qui semble vouloir briser tous les stéréotypes liés au groupe. « Unthought known » retrouve aussi le côté écorché de Pearl Jam. Il est suivi par un autre titre énergique, « Supersonic », comme un rappel à l’introduction, qu’on comprenne qu’ils ont changé. Sur « Speed of Sound » la voix de Vedder se fait plus chaude, comme réconfortante. Puis « Force of Nature » nous apporte enfin de l’émotion, le corps de texte de Pearl Jam à mon goût. L’album se finit sur « The End », une chanson d’amour qui ne m’a pas convaincue.

Le live  « Get Some » au Tonight Show:

Au final, l’album ne m’a pas, vous l’aurez compris, bouleversée. J’ai été ravie d’avoir des titres plus dynamique, plus vibrant comme sur « Got Some », « The Fixer » et « Supersonic ». Mais j’apprécie de retrouver mes marques auprès de « Amongst The Waves » et de « Force of Nature », comme de partager une bière dans un pub avec des potes qu’on a pas vus depuis longtemps.

Pour la petite histoire, « Backspacer » est le nom de la tortue de mer de 375 kg championne de la Great Turtle Race, organisée par le National Geographic.