ComingSoon_GTT

Le second opus des Coming Soon, Ghost Train Tragedy est une invitation au voyage mais pas une croisière de tout repos, plutôt un trip (bad ?) dans un monde fantasque, fantasmagorique, et fantastique.

On embarque promptement dans ce train fantôme et son univers décalé et oppressant (le titre vient d’une terrible méprise lors d’un incendie de fête foraine à Sydney dans les années 70 où les clients enflammés hurlaient au secours pendant que tout le monde pensait qu’ils s’amusaient), où chaque chanson fait naitre un wagon d’émotions.

Les six compagnons de Kidderminster ont tracé leur sillon et sont désormais sur les rails de la reconnaissance et pas seulement par la presse indé. Ils ont su s’affranchir des ombres protectrices, Cohen, Cave et Velvet pour mieux faire jaillir en plein lumière leur marque de fabrique : des titres écrits comme des nouvelles avec de multiples personnages, une ironie grinçante et parfois noire, ou encore un son vintage provenant d’une vieille console piquée au Rolling Stones par le chef de gare, Ceddy Gonod.

L’album s’élance directement sur les bons rails avec Walking qui donne le ton, changement d’aiguillage, la guitare est acérée, la basse vrombit, la voix est diablement sexy, les choeurs sont sensuels. Love is a cruel game, assurément. Back seat ensuite vous étreint à l’arrière des taxis avec son refrain entêtant. Manners & Education et sa flute qui volute séduit comme si c’était un traditional US, les voix se mêlent et vous enveloppent dans une incantation envoutante. Don’t sell me to the french et Howard Hughes reprend le lead, on rencontre alors une ménagerie de Freaks incroyable, un enfant de choeur, le fantome d’un pirate, ou encore des filles dont on arrache la peau. Puis, sur Steel Wire, c’est Alex Banjo qui s’y colle avec une chanson désabusée, crooner au début mais qui arrache le ballast après le « pont ». Vient alors Love in the afternoon, petite perle pop avec son rire de Méphistophélès et son balafon sautillant,Weather Changes et son spleen jazzy et claudiquant, School trip bus crash, rengaine imparable chantée par Leo Bear Creek où deux amoureux survivent à un accident de car dans le désert. Pillow Talk ralentit la locomotive avec son duo langoureux sur un rythme de human beat box mais les chevaux sont lâchés de nouveau avec Moonchild, le single disco rock imparable et son clip pictural, cabalistique et occulte. Le voyage se poursuit avec Minor Keys et son introspection bluesy, l’haletant Lower Lip, mini nouvelle sous temestat, WU, sorte d’hommage à David Carradine (!), Wild Catch, sommet d’émotion de l’album où le grand méchant Lou n’est pas loin. Et enfin pour clore en douceur ce périple, Sweetheart écrite par Dave Tattersall et qui figurera sur le prochain album des excellents Wave Pictures nous serre dans ses bras.

Avec Coming Soon, les voix se mêlent, s’emmêlent, chacun prend la parole et pourtant c’est bien un groupe qui nous parle, qui nous conte des histoires farfelues où l’auditeur bourlingue dans un univers halluciné. Le passage au second album est souvent difficile, la petite troupe de Kidderminster est indubitablement grimpée dans une voiture Pullman, on espère très vite quelques arrêts avec le très attendu nouvel album solo d’Howard Hughes et celui des deux frères amis Ben Lupus et Léo Bear Creek.

Les Coming Soon seront en concert les 7 et 8 octobre au Café de la Danse à Paris avec The Rodéo et Kid Bombardos.