Arno – Human Incognito

Arno - Human Incognito
Comment ne pas se répéter après 11 disques solo et plus de 35 ans de carrière ?

Arno a passé quelques nuits blanches pour résoudre cette équation musicale, « à chaque fois je me dis que je ne dois pas faire la même chose que sur mon disque précédent et c’est de plus en plus difficile ». Pourtant Human Incognito s’éloigne de Future Vintage (2012) même si l’on retrouve la patte de l’immense John Parish à la production sur les titres les plus rock.

Bien sûr la voix sévèrement burinée du feu follet flamand fait une fois de plus frissonner. Comme souvent, Arnold Charles Ernest Hintjens parle de lui dans une introspection salvatrice quasi thérapeutique. Car la vieillesse est loin d’être un naufrage I’m just an old motherfucker, Arno se régénère en s’abreuvant du soma d’une fontaine de jouvence électro dès le deuxième titre où il intime un programmatique et personnel Please exist qui s’adresse somme toute à nous tous.

Discographie

Bien sûr Arno n’a rien perdu de son bagou Rock and Roll sans conservateur sur Une chanson absurde ou Never Trouble Trouble qui risquent d’enflammer la scène. De même, la basse envoutante et la guitare plaintive de Dance like a goose feront assurément onduler les corps et les cœurs.

Pas d’explicit lyrics sur le disque mais plutôt ‘émotions garanties’. Car là où le roi des belges règne en maître c’est dans les ballades bouleversantes à la Tom Waits, « J’ai perdu ma jeunesse mais j’aime encore Elvis, les jolies chansons ne tuent pas la réalité, maintenant je paie mes conneries du passé » sur Quand je pense à toi, blues du bayou Ostendais. Ce que l’on aime chez Arno c’est sa capacité à raconter sa vie qui est au final un peu la nôtre et l’album se clôt sur une poignante ode à la santé des cocus. Lucide Arno.

Arno – I’m Just an Old Motherfucker

Arno - Human Incognito

Arno – Human Incognito
8/10
Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...

Cela pourrait vous intéresser

Arno

Arno à jamais

Des racines. Opex, c’est un quartier de l’est d’Ostende où les grands parents d’Arno tenaient un café, Chez Lulu, le prénom de sa mère.
Arno

Moment de vérité

Arno doit certainement faire du cancan avec les nuages. Disparu le 23 avril dernier, le belge bourlingueur revient déjà avec La vérité extrait d’un album à paraitre prochainement.
Arno - Santeboutique

Vidéo : Arno – Santeboutique

La Santeboutique d’Arno est ouverte et c’est un peu « l’tourbillon de la vie ». On s’aime, on vieillit, on s’aime encore, un peu, plus comme au début et l’on rêve des étreintes passées, de ascenseur émotionnel.

Plus dans Chroniques d'albums

Apparitionduvisagedebelalugosisurunetranchedesalami

Comelade : ô lâches, soyez fous !

Et si le disque de 2022 était un disque instrumental et barré dont Pascal Comelade a le secret, ironiquement intitulé Le non-sens du rythme ?
Stephaneicher-odeartworkbysylviefleuryphotobyannikwetter

Stephan Eicher – Ode

Il n’y a pas d’ami comme Stephan Eicher. A chaque disque il nous offre une balade dans son dédale sentimental, ses étranges paysages, ses constructions impossibles.
Bastien Devilles - Remonter le courant

Bastien Devilles – Remonter le courant

On connaissait Daredevil, voilà Bastien Devilles que l’on peut écouter les yeux fermés d’autant plus que les mots sont de Brigitte Giraud, futur prix Goncourt avec Vivre vite.