Bon, autant le révéler sans ambages, le nouveau disque de Garciaphone, la pépite la plus précieuse du Klondike auvergnat est sublime.

Baudelaire écrivait « La vie a une fin, le chagrin n’en a pas. » C’est peut-être pour cela qu’il permet d’écrire de merveilleuses chansons. Son précédent disque, Constancia plus électrique prouvait définitivement que les 8567 km entre le Puy de Dôme et le Mount Hood en Oregon n’étaient qu’une broutille. Avec Dreameater, on change de braquet. Ce disque est un enchantement, un éblouissement qui n’a rien à envier au spleen de Sparklehorse ou à l’élégie d’Elliot Smith.

Entre douceur et nonchalance, limpidité et simplicité, la voix d’Olivier Perez vous saisit, vous engourdit paisiblement, vous emporte tendrement vers ce Oh sleepless world, un titre où tout est léger, des rares notes de piano à la basse, des chœurs au jeu de batterie. Comment ne pas succomber à cet Every Song of Sorrow is new, titre à la profonde humanité, au refrain enivrant. Et tout le disque est de ce niveau, un immense hug musical, épaulé amicalement par Matthieu Lopez (Matt Low), Zacharie Boissau (Zak Laughed) et Clément Chevrier (The Delano Orchestra).

Jamais les instruments acoustiques n’ont été aussi frémissants et palpitants. L’auditeur a l’impression d’être dans la maison bleue où ces miniatures ont été enregistrées entre autre par Christophe Adam. Jamais la solitude, la mélancolie, voir la mort n’ont été aussi enthousiasmantes comme sur Deadstar ou A hole of the universe. Mais Olivier Perez l’avoue sur I’ll be a riddle, « n’essaye pas de me trouver, […] je serai ton énigme. » Certains textes sont infiniment poétiques comme ce court Dusk à lire sur la pochette comme tous les autres titres.

Ce mangeur de rêves est donc à écouter urgemment et précieusement, il vous fera traverser l’automne, l’hiver et tout le reste de l’année, vous ne perdrez pas votre temps.

Garciaphone - Dreameater

Garciaphone - Dreameater

Tracklist : Garciaphone - Dreameater
  1. Don't Let It Die Like This
  2. Oh Sleepless World
  3. Heirmet
  4. I'll Be A Riddle
  5. Mourning Of The Day
  6. Deadstar
  7. Every Song Of Sorrow Is New
  8. A Hole In The Universe
  9. Our Time To Spare
  10. Dusk

Garciaphone – Dreameater5.0
10/10
Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
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