Minuit avant la nuit

« 60 jours, 5 créations, 8 coproductions, 9 premières françaises. Ainsi s’annonce l’édition 2019 des Nuits de Fourvière, avec 53 spectacles de théâtre, danse, musique, opéra, cirque et 131 représentations du 1er juin au 30 juillet. » Voilà pour la première phrase du communiqué de presse de ce 12 mars pour présenter cette nouvelle édition de ce festival pluridisciplinaire pas comme les autres par ses spectacles et surtout par son lieu unique, l’auguste théâtre antique romain et son Odéon.

affiche_nuits_de_fourviere_2019_portrait
On connait la chanson des festivals d’été. Certains s’amusent à faire le top des groupes et artistes qui monopolisent vos oreilles et vous obligent à abuser de pintes de rosé. Mais les Nuits sont différentes. La programmation est désormais au grand jour révèle un équilibre parfait entre musique populaire au sens noble et musique peut être plus exigeante qui mérite d’être découverte et écoutée par le plus grand nombre et non pas seulement par ceux que l’on croise toute l’année dans les salles de concerts lyonnaises. Et cette année, cet équilibre toujours fragile oscille sur un fil comme celui que parcourait majestueusement l’an dernier David Dimitri entre la grosse cavalerie, des pépites indépendantes et des soirées uniques à chaque fois renversantes.

Côté légendes, on se régalera avec la venue de New Order (28 juin) que certains ont vu il y a 30 ans pour le premier concert officiel du Transbordeur le 21 janvier 1989 en espérant le même set et davantage. On sera curieux d’écouter King Crimson et Magma pour une soirée progressive et indisciplinée qui risque de tutoyer les étoiles (2 juillet). Celles-ci risquent de briller aussi avec la venue de Nick Mason pour jouer le mythique Saucerful of Secret de Pink Floyd. D’autres vieilles gloires qui tiennent encore la route feront la joie des tempes grises avec Sting (17 juillet), l’ex Supertramp Roger Hodgson (22 juillet), Tears For Fears (18 juillet), le retour de Midnight Oil (9 juillet) et des hommages à ne pas rater, celui à Leonard Cohen par l’Avalanche Quarter (emmené par Henk Hoftede des Nits le 9 juillet), celui à Moondog par l’ensemble Minisym & Dominique Ponty (10 juillet), et plus improbable, celui à Emile Vacher, inventeur du musette avec Robert Crumb (si, si et l’on a une énorme pensée pour Serge Boissat qui nous manque), Philippe Krümm et leurs amis (6 juillet) le tout dans un vieux nouveau lieu, la salle Molière que les Cramps avaient retourné le 30 mars 1980.

New Order – Transmissions (Series Trailer) Episode One on 7th March

On sera comblé aussi côté artistes ‘indé’ avec un sublime co-plateau Cat Power, Bertrand Belin, Howe Gelb & Giant Sand (5 juillet), le farfadet Patrick Watson entraperçu au piano dans le camion de Yann Frish l’an dernier qui sera accompagné de l’Orchestre National de Lyon, Interpol avec les atomiques Idles (1er juillet), Mac Demarco (avec ses amis à l’apéro sur scène ?), Parquet Courts et la trop rare Aldous Harding (entendu au Kraspek Myzik pour 7 euros le 2 juin 2015) le 10 juillet, le super gang The Good, The Bad & The Queen (Damon Albarn, Paul Simonon, Simon Tong, Tony Allen) avec leur excellent deuxième album, Merrie Land (15 juillet), une soirée avec Bon Iver auteur d’une soirée stratosphérique ici même en 2012 (16 juillet), la victorieuse Jeanne Added avec les locaux de Saint Sadrill (23 juillet), Les puissants The Blaze (25 juillet) et les inévitables Eddy de Pretto avec surtout Terrenoire (24 juillet) et Clara Luciani avec Les Innocents et surtout la future déjà très grande Tiny Ruins (28 juillet).

Aldous Harding – The Barrel

D’autres seront intéressés l’armada française avec M et sa lettre infinie (25, 26 et 27 juin), Zazie (24 juin), la cynophile Claire Diterzi avec l’Orchestre du Conservatoire de Région (30 juin), Vanessa Paradis les 3 et 4 juillet (dont un titre de son dernier album, La plage a été écrit par notre Fabio Viscogliosi), Ibrahim Maalouf qui invite l’Haïdouti Orkestar (11 juillet), Arthur H avec l’orchestre d’harmonie de Bordeaux (19 juillet).

On ne peut pas évoquer Fourvière sans ses nuits thématiques qui sont toujours des moments incroyables. On dansera le Boléro entre Porto Rico et New York avec Rei Alvarez et Laura Ann Singh (5 juillet), on sera aux anges avec la venue de deux mythes vivants de la Soul, Don Bryant & The Bo-Keys et Mavis Staples (6 juillet), on goûtera le « dernier baiser » d’Omara Portuondo avec l’Orquesta Akokan pour la nuit cubaine (26 juillet) et l’on oubliera pas l’accordéon avec les irlandais MacGowan & Munnelly, les argentins Raul Barboza & le Chango Spasiuk Quartet ou encore le pari des bretelles par Félicien Brut, le quatuor Hermès et Edouard Macarez.

N’en jetez plus nous direz-vous ? Alors on n’omettra pas de mentionner la canadienne et haïtienne Melissa Laveaux (3 juillet), Dhafer Youssef et Richard Bona, le Oud et le Flamenco (27 juillet), l’âme perdue celte de Loreena McKennitt (29 juillet), le retour en majesté de Youssou N’Dour pour son nouvel album History avec Blick Bassy (20 juillet), Biréli Lagrène avec Chris Minh et Mino Cinelu (12 juin), les 20 ans du Pokemon Crew pour un feu d’artifice virtuose (14 juillet) ou encore le salon de musique du violoncelliste virevoltant Vincent Segal pour une soirée dédiée au Label No Format! crée par Laurent Bizot avec entre autres Piers Faccini, Gérald Toto ou Ballake Sissoko (23 juin).

Voilà, c’est fini ? Et non. Car comment passer à côté du retour du ‘pazzo cantante’, du capitaine Achab des bandas, Vinicio Capossela qui émerveille à chaque concert lyonnais. Il viendra chanter ses histoires à danser toute la nuit avec l’Orchestre de l’Opéra de Lyon à l’Opéra le jeudi 11 juillet avec en ouverture, la projection d’un film rare de Federico Fellini, Prova d’orchestra qui évoque les répétitions mouvementées d’un orchestre symphonique.

Vinicio Capossela – Canzoni Della Cupa (Teaser Oficial)

Encore. Les Nuits de Fourvière s’associent à la sensationnelle librairie Musicalame, 16 rue Pizay dans le 1er pour des rencontres avec des artistes du festival animées par Richard Robert, programmateur aux Nuits et ancien journaliste aux Inrockuptibles. Seront conviés Bertrand Belin le jeudi 2 mai à 19h30, Vincent Segal le mardi 14 mai à 19h30, Claire Diterzi le mardi 28 mai à 19h30, Henk Hofstede d’Avalanche Quartet le mardi 9 juillet à 18h30.

New Wave French Connection
Encore bis. La bibliothèque municipale de Lyon fête les 40 ans de musiques actuelles à Lyon avec une exposition du 14 mai au 21 septembre 2019 pour évoquer bien sûr le fameux concert du samedi 29 juillet 1978 avec entre autres Au bonheur des dames, Bijou, Electric Callas, Ganafoul, Little Bob Story, Marie et les garçons, Starshooter, Telephone… l’aventure du Rock’n’Roll Mops, 25 bis rue Edison dans le 3ème, l’ENTPE et son BDE ou le Westside. L’occasion aussi de rendre hommage aux fanzines, à Radio Canut Guignol, première des radios pirates, Radio Bellevue ou encore les disquaires mythiques, Bruit Bleu, Musicland ou bien sûr Boul’dingue (Merci Serge !) faisant de Lyon la capitale du rock entre 1978 et 1983. A noter aussi dans vos agendas la projection en avant-première du documentaire Sauvage ! Chronique de Lyon, ville rock (1975-1985) réalisé par Thierry Gerberon le jeudi 13 juin au Ciné UGC Confluence (Gratuit sur réservation)

On a fait à peu près le tour, rendez-vous donc du 1er juin au 30 juillet, le festival Les Nuits de Fourvière investira 9 lieux différents : le Radiant-Bellevue, l’Opéra de Lyon, l’Ensatt, le Théâtre La Renaissance, le Parc de Parilly, le Parc Lacroix Laval, la Salle Molière pour la première fois, ainsi que le Grand théâtre et l’Odéon de Fourvière.

Ouverture de la billetterie vendredi 15 mars à 14 heures.
Et prochainement des places à gagner pour certaines dates !

Plus d’informations sur le site : www.nuitsdefourviere.com avec le programme complet et détaillé.