Réunissant Paul Banks (Interpol, Julian Plenti, Banks + Steelz), Matt Barrick (Jonathan Fire*Eater, The Walkmen), et Josh Kaufman (Bonny Light Horseman, The National, The War on Drugs) Muzz a décidé de ne pas faire le buzz et s’attelle à faire de la musique sagement.

New-York – 1995. Les Jonathan Fire*Eater publient leur premier disque dans l’anonymat le plus complet. Tout le monde écoute Oasis et veut aller à Manchester. Le rock cérébral et tendu du groupe de Stewart Lupton n’intéresse personne.

New-York – 2002. Plus personne n’écoute Oasis. Par contre, tout le monde veut aller sur la côte Est américaine pour assister à un concert des Strokes ou acheter Turn On The Bright Lights d’Interpol. Les Jonathan Fire*Eater ne sont plus qu’un lointain souvenir mais les jalons posés par le groupe à la fin des années 90 ont été utilisés par toute la scène new-yorkaise.

New-York – 2020. Muzz est la rencontre tant attendue entre Matt Barrick et son héritier, Paul Banks. Chaperonnée par les arrangements de Josh Kaufman, la collaboration entre l’élégant batteur et le sombre baryton accouche d’un disque extrêmement calme. Peut-être au final trop calme… Evidemment on se jettera avec avidité sur Red Western Sky, point d’orgue du disque et modèle de simplicité. Mais l’addition de tous les titres de ce disque fort humble et arrangé délicatement peut s’avérer ennuyeuse. Soyons donc pragmatique et coupons le disque en deux. Le premier composé des six premiers morceaux pour les jours pairs, le second avec le reste pour les jours impairs. Et nous passerons de délicates journées avec deux EP bien construits.

Muzz – Knuckleduster

Muzz - Muzz

Muzz de Muzz est dispnible chez Matador/Beggars.

Muzz - Muzz

Tracklist : Muzz - Muzz
  1. Bad Feeling
  2. Evergreen
  3. Red Western Sky
  4. Patchouli
  5. Everything Like It Used To Be
  6. Broken Tambourine
  7. Knuckleduster
  8. Chubby Checker
  9. How Many Days
  10. Summer Love
  11. All Is Dead To Me
  12. Trinidad

Muzz – Muzz3.0
6/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
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