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Indians – Somewhere Else

Indians - Somewhere Else

Pendant que le lonesome cowboy Django se déchaine au cinéma, les Indians qui ne sont qu’un, décochent de leur carquois 10 flèches mélodiques au poison féerique.

Discographie

Indians

Le premier effort auto-produit de Søren Løkke Juul alias Indians se nommait Let me play your guitar et il y en a peu (de guitares) dans le voyage vers l’ailleurs que propose Somewhere Else. Quelques accords dans I’m haunted et son mouvement perpétuel (donnant à Winston H. Case l’idée d’une vidéo qui donne le tournis) ou dans Cakelakers, ballade au format classique et mélodique peut être pour ne pas effrayer l’auditeur. Car Indians tout seul aux manettes possède sans aucun doute deux facettes, Janus musicien. D’un côté une folk à rendre jaloux Justin Vernon, de l’autre une pop atmosphérique entre les Desert’s songs de Mercury Rev ou les bidouillages du coeur d’Owen Pallett. On pourrait facilement voir chez Indians l’évocation des grands espaces scandinaves, les milliers d’iles en confettis, l’hiver glacial au travers de ces nappes de claviers et de cette voix de tête légèrement maniérée. L’album a été enregistré non loin de Copenhague et le résultat est plutôt urbain. Nul besoin de cabane au fond d’un bois pour nous emmener loin dans une introspection quasi existentialiste chère à un autre Søren (Kierkegaard). Les titres s’enchaînent comme une mini symphonie jusqu’à l’acmé de l’album, ce Somewhere Else tendu mais qui n’implose jamais. Le tout est une expérience sonore en immersion avec ce New ouaté et amniotique, Bird et ses notes de piano vacillantes, Lips Lips Lips et sa fragilité à la Chris Garneau, Reality Sublime où Søren Løkke Juul donne de sa voix, La Femme où pointe enfin un peu d’espoir et de soleil ou ce Melt qui tutoie les étoiles.

Au final, Somewhere Else est un premier album très accompli, d’une richesse sonore inouïe qui s’instille doucement dans votre âme et ne vous quitte plus, une flèche empoisonnée que l’on a pas envie de retirer. Ionesco soutenait que « le fait d’être habité par une nostalgie incompréhensible serait tout de même le signe qu’il y a un ailleurs », Søren Løkke Juul l’a peut être découvert.

L’album d’Indians, Somewhere Else sort le 28 janvier 2013, vous pourrez l’entendre au Point Ephémère à Paris le 13 février.

Indians – I Am Haunted

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wjc6zI2oRnQ

Indians – Somewhere Else
10/10
Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
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