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Sharon Van Etten – Are We There

Sharon Van- Etten - Are We There
Sharon Van- Etten - Are We There
Sharon Van- Etten – Are We There

Are We There n’est pas de la même trempe que Tramp. Facile.
Van Etten a décidé de produire ce disque seule (avec l’aide ponctuelle de Stewart Lerman). Et le changement est radical.
Adieu les sombres moments incarnés par Warsaw ou Serpents. Bonjour les sombres moments incarnés par Your Love is Killing Me ou Afraid of Nothing.
Chassez le naturel, il revient au galop. Si les chansons se font plus pop, le discours, lui, reste le même.

Sharon Van Etten

La pilule va être difficile à avaler pour les adorateurs de Tramp. Aaron Dessner des The National ayant laissé la belle agir seule, on se retrouve avec un ovni qui plane au dessus de sa discographie. C’est pas du The National pour dépressif chamanique, c’est pas du folk noir pour dépressif chamanique. Non plus.
C’est le nouveau Van Etten. Et c’est très bien. Dépressif Chamanique Radio FM dirons nous. L’ambiance sensuelle du début de Taking Chances fera tomber de sa chaise plus d’un fan de la première heure. Pourtant, elle nous avait prévenu. La pochette de Are We There est une véritable profession de foi. On ouvre la fenêtre et on prend un grand bol d’air. Nothing will change!

Toujours la première pour attirer le mauvais œil et la désillusion, Sharon Van Etten chante comme jamais sur ce disque. Comme jamais… Quelle mutation. Adieu Tramp et au revoir les temps sombres d’Epic. Don’t Do It qu’elle chantait il y a quelques années. Trop tard! C’est fait. Et quel pied. Elle pourrait se les prendre les pieds dans le tapis. Et non. Le final majestueux de You Know Me Well ou les guitares de Taking Chances sont sensationnels.

Invitant du beau linge (Adam Granduciel des War On Drugs pour ne citer que lui), Are We There compte ses moments précieux.
Le refrain de Your Love Is Killing Me par exemple:
« Break my legs so I won’t walk to you/Cut my tongue so I can’t talk to you/Burn my skin so I can’t feel you/Stab my eyes so I can’t see

C’est grâce à ces moments qu’on lui pardonne tout. Cette mutation très FM au final, ce revers de main sur ces précédents disques. Dieu du ciel, enfin non Granduciel, non plus, Satan du ciel, que c’est bon!

N’en finissant plus de nous surprendre, elle nous annonce la suite avec le dernier morceau. Every Time the Sun Comes Up. Vivement le prochain disque.

Sharon Van Etten – Taking Chances

Sharon Van Etten - Are We There

Sharon Van Etten – All I Can (SK* Session)

Sharon Van Etten – Are We There4.0
8/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
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