Il faut être culotté pour s’appeler VedeTT quand on débute un projet, encore plus quand on sort en octobre 2015 un premier album intitulé « Tuer les gens ».

Avec un titre pareil on aurait pu penser à du Bruit Noir ou du Michel Cloup, mais Florent Vincelot alias VedeTT officie davantage dans une pop en noir et blanc, majoritairement en anglais. L’angevin multiplie les projets, batteur pour Sheraf qui vient de sortir un deuxième EP, Bloody Town, bassiste pour San Carol dont l’album Humain Trop Humain a décapé 2015, mais c’est seul qu’il compose les onze titres de ce premier disque soutenu par le Chabada d’Angers et le label lyonnais Echo Orange.

« J’enseigne l’art de tourner l’angoisse en délice » arguait Bataille. VedeTT nous essore avec une cold wave qui allie spleen et idéal. Tous les modes défilent, synthétique, couleurs sombres, blanc aveuglant, cycles délicats. Le disque forme une demi-heure de concentré d’apesanteur, où l’on a l’impression de s’élever, de flotter au-dessus de notre corps, de se voir en train d’écouter, d’onduler, d’ondoyer dans son salon une chopine à la main, façon The Dude du Maine-et-Loire.

Aidé par Romain Lejeune (les Blind Suns ont joué cette année au SXSW), Florent Vincelot excelle dans la basse métronomique addictive qui sculpte chacun des morceaux et rappelle parfois les premiers Cure (Friday morning). Avec Fade Away c’est au Goodbye horses de Q Lazzarus qu’il rend un bel hommage mais au final ces influences n’en sont pas vraiment, VedeTT crée son propre style qui fait mouche avec notamment ce Tuer les gens sautillant et glaçant, « Si ça va pas, on fait des enfants ». Et en concert c’est encore plus passionnant, plus électrique avec les effets de guitare de Stw, et la dextérité de Simon à la batterie qui a bousculé le Marché Gare lors de la soirée Pop Spleen Wave à Lyon.

VedeTT – Tuer Les Gens

VedeTT - Tuer les gens

VedeTT - Tuer Les Gens
5.0Note finale
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