Minuit avant la nuit

Il y a 25 ans, Shack avait les moyens de prendre la tête du rock anglais avec son album Waterpistol. Les Smiths étaient au repos depuis quelques années et les Stone Roses s’empêtraient dans la confection de leur deuxième album. Liam Gallagher jouait encore aux billes dans la cours de récréation du collège… Quant à Lee Mavers, il venait de saborder lui même les La’s avec le départ de John Power qui en avait ras les frisettes de supporter les délires de l’auteur de Doledrum ou de There She Goes. En 1991, Shack peut être le groupe phare de l’Angleterre. Mais avec Michael Head, rien ne se passe jamais comme prévu…

Michael Head est un acharné. Un vrai. En 1984, il a publié avec les Pale Fountains un premier album qui fait aujourd’hui office de mètre-étalon de la pop anglaise. Sauf qu’au milieu des années 80, la pop des frères Head (Michael est accompagné de son petit frère John) a mauvaise presse et ne trouve pas preneur. Virgin, qui a signé les Head pour une petit fortune quelques mois plus tôt, décide d’arrêter les frais et veut se séparer des « Paleys ». Elle remet les Pale Fountains en studio pour qu’ils enregistrent leur ultime album. En 1987, les Pale Fountains sont morts et Michael Head retourne vivre à Liverpool. L’affaire pourrait s’arrêter là. Mais non. Certains auraient pris un boulot à l’usine, d’autres le chemin de l’école. Pas avec Michael Head. Il vit pour ses chansons et ses chansons le font vivre. Chichement, mais elle le font vivre.

En 1988, Michael, toujours accompagné de John, forme Shack. Un premier album du nom de Zilch est rapidement publié. Les chansons sont là mais la production de l’ami Ian Broudie flingue le disque. Deux ans plus tard, Shack entre en studio avec le disque parfait qui fait la jonction entre les années 80 et les années Tony Blair. Tout est là. Le triomphe est à la porte de la maison des parents des frères Head. Oui car Michael et John reçoivent les journalistes dans la cuisine de leur mère pour y chanter les plus belles chansons du monde…

Michael Head – 1992 documentary

En 1990, Shack dispose d’un excellent line up (Pete Wilkinson est arrivé à la basse et Alan Wills a remplacé Jonny Baxter) et des meilleures chansons post Pale Fountains. Sauf que le sort s’acharne sur la fratrie Head. Le studio où sont entreposées les bandes de Waterpistol brûle. Le succès de Shack vient d’être réduit en cendres. Il faudra un heureux hasard (Chris Allison, le producteur de Waterpistol, retrouvera un exemplaire des bandes dans une voiture de location) et un label allemand (Marina Records) pour que Waterpistol arrive dans les bacs des disquaires. Mais c’est trop tard. Nous sommes en 1995 et le monde ne s’intéresse qu’aux singles de Blur et d’Oasis et n’a cure d’un groupe dissous en 1992.
Michael Head et John ne redonneront des signes de vie (donc des chansons) qu’avec les Strands en 1997.

Cet article donne la parole aux principaux protagonistes de l’affaire. Dick Leahy (le boss du label de Shack) Chris Allison (producteur), les managers Paul Kinder & Andrew Erskine, Lance Phillips (ingénieur son), Pete Wilkinson (bassiste de Shack), Jim McCulloch (The Soup Dragons), Paul Fitzgerald (journaliste) et de Stefan Kassel de Marina Records racontent leur vision du disque et leurs souvenirs.

Dick Leahy

Dick Leahy était le patron de Ghetto, le label de Shack.

Comment-as tu connu les frères Head?

Dick Leahy : J’ai d’abord rencontré Mick avant John. J’ai vu un concert des Pale Fountains en 1982 et j’ai trouvé qu’ils avaient leur propre style. Je les ai signés pour les publier et ils se sont ensuite retrouvés chez Virgin.

Pourquoi les enregistrements chapeautés par Keith Hartley (Teenage Fanclub) ont été refusés par Ghetto ?

Dick Leahy : Je ne m’en rappelle pas. Mais je pense qu’ils ne devaient pas être assez bons.

Pourquoi as-tu choisi Chris Allison ?

Dick Leahy : Je pense que c’est Paul Kinder qui a choisi Chris Allison.

Pourquoi as-tu choisi les Chapel Studios dans le Lincolnshire ?

Dick Leahy : C’était une idée de Chris Allison. On pouvait y héberger le groupe et l’enfermer dedans pour travailler. J’ai toujours était heureux de laisser le producteur choisir le studio. Il fallait qu’il s’y sente bien.

Ce n’était pas trop difficile d’être Dick Leahy ? Zilch avait reçu un mauvais accueil…

Dick Leahy : Les Shack étaient difficiles à gérer car ils n’avaient aucune discipline. S’ils avaient eu plus de concentration et le désir de marcher, ils auraient été inarrêtables.
Zilch avait eu des critiques mitigées. Pas mauvaises. Et les attentes des journalistes étaient immenses. Mick a toujours essayé de vivre avec ça.

La sortie de Waterpistol était importante pour Ghetto ? Vous aviez dépensé beaucoup d’argent pour son enregistrement ?

Dick Leahy : C’était un disque plus important pour Shack que pour Ghetto. Ils pouvaient faire un très grand disque et Chris Allison a fait un super boulot. Ce n’est pas un album bas de gamme mais il ne nous a pas couté une fortune.

Quelle est ta chanson préférée de Waterpistol ?

Dick Leahy : Elles sont si nombreuses. J’ai toujours aimé Undecided. Neighbours qui est une bonne chanson. Mais je crois que c’est Hazy ma préférée.

Shack - Waterpistol

Chris Allison

Chris Allison fut le producteur de Waterpistol. Il est aujourd’hui à la tête du studio Sonic 360.

Comment as-tu rencontré le groupe ?

Chris Allison : Je les ai rencontrés grâce à leur label, Ghetto Records.

Comment organisiez-vous vos journées de travail ? Vous travailliez la nuit ? La journée ?

Chris Allison : Nous travaillions de 10 heures du matin à tard dans la nuit. Nous avons enregistré ce disque dans le Lincolnshire, aux studios Chapel. Et nous l’avons mixé aux Air Studios, à Londres.

Tu as dit à propos de Mick « Il ne pouvait rien terminer, je n’ai jamais travaillé avec quelqu’un de cette sorte. Et j’espère ne jamais retravailler avec quelqu’un comme lui. Mais son écriture est géniale et c’est l’un des artistes les plus doués que j’ai rencontré. » Ce fut un enregistrement si difficile ? Combien de temps cela a pris ?

Chris Allison : Le groupe avait travaillé avec quelques producteurs mais le label n’était pas content du résultat. On m’a alors de demandé de venir et de faire avancer le projet. On a remis ça sur pied pour l’écriture de Mick et de John. J’étais déterminé à finir le boulot malgré les difficultés. L’enregistrement (et le mix) ont pris à peu près six semaines.

Comment as-tu trouvé le son de Waterpistol ? C’était très novateur pour l’époque ?

Chris Allison : Je suis intéressé par l’expérimentation et par le développement de nouveaux sons pour les artistes qui souhaitent créer quelque chose de nouveau. Shack se sont très bien adaptés au paysage sonore de Waterpistol.

Quelle est ta chanson préférée de Waterpistol ?

Chris Allison : J’en ai plusieurs : Sgt. Major, Stranger, Time Machine, Mr Appointment, Undecided et Hey Mama.

Te rappelles-tu du jour de l’enregistrement d’Undecided ? C’est la chanson préférée de Waterpistol pour beaucoup de monde.

Chris Allison : Oui, je m’en rappelle bien. Nous l’avons enregistrée à partir de rien, très rapidement. J’adore les chœurs de John.

Shack – Undecided

Quel est ton souvenir préféré de cet enregistrement? Le pire ?

Chris Allison : Mon souvenir le plus fort est lié à la chanson London Town. Nous l’avons enregistrée en une prise. Ce matin là, les portes du studio étaient ouvertes. Tu peux entendre un car passer sur l’enregistrement actuel. Entendre Mick chanter sur Stranger fut aussi un des moments importants de cette période.
Le plus gros challenge de l’enregistrement était de faire terminer à Mick ses parties vocales.

Le studio où étaient conservés les bandes de l’album a brûlé. Tu avais gardé une copie de ces fameuses bandes que tu as oublié dans une voiture que tu avais louée pour voyager aux États-Unis ?

Chris Allison : Oui, je me rappelle appeler l’agence de location d’Alamo. Par je ne sais quel miracle, le colis est arrivé totalement intact par voie postale six semaines plus tard.

Waterpistol fut publié 1995 par un label allemand et non un label anglais. Où se trouvaient Rough Trade, EMI ou Creation Records à cette époque ? C’est totalement incroyable. Waterpistol est un chef d’œuvre.

Chris Allison : Oui, Merci Marina Records !

Waterpistol fut publié en 1995. En 1995, les La’s sont morts et Oasis numéro 1. Les critiques concernant Waterpistol sont dithyrambiques. Comment as-tu réagi en lisant ces chroniques ? Pourquoi ce manque de succès chronique ?

Chris Allison : Malheureusement les bonnes critiques ne sont utiles que pour vendre des disques de manière modeste. En 1995, il fallait passer à la radio et faire des tournées pour espérer vendre des albums. Ce ne fut pas le cas.

Quand as-tu vu Mick pour la dernière fois ?

Chris Allison : Lorsque Shack jouait avec Arthur Lee…

Tu écoutes toujours ce disque ?

Chris Allison : J’ai du écouter l’album pour répondre à tes questions. Ce que je n’avais pas fait depuis des années… C’est toujours un bon album avec de belles chansons et de beaux arrangements.

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Pete Wilkinson

Pete Wilkison fut le bassiste de Shack et de Cast. Il est aujourd’hui membre du Red Elastic Band de Mick Head et a pour projet solo Aviator.

Si je me trompe pas tu n’es pas le premier bassiste de Shack…

Pete Wilkinson : Le premier bassiste est Mick Hurst et le premier batteur Justin Smith. Il est venu me chercher, ainsi qu’Alan Wills, quand il a commencé à enregistrer les démos de Waterpistol. Je ne pense pas que Justin et Mick aient eu le mot à dire.

Tiens, comment as-tu rencontré Mick Head ?

Pete Wilkinson : J’ai rencontré Mick via Alan Wills. Nous avons sympathisé quand nous étions au collège. Alan avait un appartement dans le quartier de Greenbank à deux pas de mon collège. Et il avait de quoi enregistrer et deux poufs. La folie !

Tu te rappelles des premières répétitions avec Shack ?

Pete Wilkinson : Nos premières répétitions de Shack ont eu lieu dans la chambre d’Alan. Si mes souvenirs sont bons, c’est à cette époque qu’est née I Know You Well. Alan et moi sonnions comme Tomorrow never knows. Mick aimait ça. Le lendemain, la chanson était bouclée.

Shack est le groupe que les Stone Roses ne seront jamais. – NME

Comment était l’ambiance dans le groupe ?

Pete Wilkinson : Tout allait bien, enfin je pense. J’ai toujours pensé que ce disque était au dessus de celui des Stone Roses. Faire ce disque a été quelque chose de très spécial.

Tu te rappelles de l’enregistrement de Waterpistol ?

Pete Wilkinson : Oui, je m’en rappelle bien. Nous avons commencé dans le studio de Mike Hedges à Londres, dans le quartier de Willsden. Nous avons commencé dans son appartement. Il avait du vieux matériel qui venait d’Abbey Road qu’il avait récupéré. Mike a quitté le navire. Je ne me rappelle pas de ses raisons. Puis nous avons enregistré des démos dans le studio de Ghetto Records. Puis nous avons été dans une église. Chris doit se rappeler de tout ça.

Quel est ton meilleur souvenir lié à cet enregistrement ? Le pire ?

Pete Wilkinson : Mon meilleur souvenir ? Quand je me suis réveillé en prenant une ligne de cocaïne et que nous avons enregistré Stranger en une prise. On était un groupe incroyable avec une télépathie incroyable. Elle a toujours été là.
Mon pire souvenir ? L’album n’a pas été publié et nous avons perdu un temps précieux.

Quelle est ta chanson préférée ?

Pete Wilkinson : J’en ai deux : Stranger & Hey Mama. Les deux sont jouées magnifiquement avec une sorte télépathie entre les membres de Shack. Je n’ai jamais ressenti ça dans mes autres groupes.

Shack – Stranger

Tu te rappelles du jour de l’incendie des studios ?

Pete Wilkinson : Non je ne m’en souviens pas. Ils ont brûlé ? Vraiment ?

Qu’es-tu devenu après la dissolution de Shack ?

Pete Wilkinson : Après Shack, j’ai commencé un groupe, Cast, avec John Power qui venait de quitter les La’s. Nous avons eu pas mal de succès. Après j’ai joué pour les Echo & The Bunnymen entre 2001 et 2006. Puis j’ai rejoint Shack. Aujourd’hui je suis un membre du The Red Elastic Band et j’ai mon propre projet : Aviator.

Paul Kinder

Paul Kinder fut le second manager de Shack. Il travaille aujourd’hui pour Cooking Vinyl.

Quand as-tu connu Mick Head ?

Paul Kinder : Quand j’ai débuté chez Ghetto Records en 1987.

Que penses-tu de Zilch, le premier album de Shack ?

Paul Kinder : C’est un album fait de magnifiques chansons qui évoquent l’époque dans laquelle nous vivions. Le problème que nous avions eu avec ce disque était de trouver un producteur car c’était très difficile de travailler avec Mick en studio. Ian Broudie a fait du bon boulot mais il a utilisé des batteries électroniques sur une bonne partie des morceaux. C’est ce qui a fait qu’on a considéré que Zilch était un disque loupé.

Tu as déclaré en novembre 1995 au journal Music Week que Waterpistol est très bon mais qu’il lui manque trois ou quatre chansons notables de l’époque. A quelles chansons penses-tu ?

Paul Kinder : Dj Ace, Up, I Know You Well et Al’s Vacation.

Tu te rappelles de l’enregistrement de ce disque ?

Paul Kinder : Oui nous étions très impliqués. C’est moi qui ai suggéré à Chris Allison de venir travailler avec Mick.

Quel est ton meilleur souvenir lié à cet enregistrement ?

Paul Kinder : Entendre le mix final.

Quand as-tu croisé Mick Head pour la dernière fois ?

Paul Kinder : Dans Liverpool en 1995.

Quelle est ta chanson préférée de Waterpistol ?

Paul Kinder : Undecided.

Quelle fut la réaction de Ghetto Records et de Dick Leahy après l’incendie des studios ?

Paul Kinder : Nous avons fermé le label.

Andrew Erskine

Andrew Erskine fut le premier manager de Shack.

Comment as-tu rencontré Mick Head ? Et Shack ?

Andrew Erskine : Je suis fan des Pale Fountains de la première heure. Paul Fitzgerald et moi avons traversé régulièrement le pays pour les voir réguliérement. Liverpool est une petite ville et tout le monde se connaît. Mick était très sympa, nous lui parlions souvent. Quelques années plus tard, je tenais un magasin dans les arcades et la compagne de Mick, Carleen y venait régulièrement. Un jour, je lui ai demandé si je pouvais faire un concert de Mick et de John dans mon établissement. Cela s’est très bien passé. J’étais dans les petits papiers de Mick en cas de besoin de manager.

Shack

Mick & John – Trading Places Cafe, Wood Street, Liverpool – Juin 1988 (copyright Mark McNulty)

Quelle était l’ambiance dans le groupe après la sortie de Zilch ?

Andrew Erskine : Je ne sais pas. Zilch a été publié un an avant que je n’arrive au poste de manager. Quand j’ai débuté, l’ambiance était excellente. Il y avait un super line-up : Mick, John, Pete et Alan Wills. Et quelques chansons qui étaient le début de Waterpistol.

Pete Wilkinson m’a dit que le premier producteur de Waterpistol était Mike Hedges. Le groupe a commencé l’enregistrement dans son appartement. Pourquoi a-t-il quitté le navire ?

Andrew Erskine : Mike Hedges a travaillé un peu pour Shack car il était « reservé » pour produire le premier album des Beautiful South. Il a alors déménagé son studio de Willesden (Londres) en France. Il ne faut pas lui en vouloir.

Quels sont les autres producteurs qui ont travaillé sur Waterpistol avant Chris Allison ?

Andrew Erskine : Nous avons enregistré I Know You Well, Al’s Vacation, Irish avec Mike Hedges. Et peut-être Time Machine ? Nous sommes allés aux Out Of The Blue à Manchester et nous avons fait une version incroyable de Mood Of The Morning le premier jour de la Guerre du Golfe. Je ne sais plus qui la produit. Mick a ensuite démonté le studio et nous a demandé de partir.
Puis nous sommes allés aux studios Amazon à Kirkby près de Liverpool et nous avons enregistré une bonne partie de l’album avec Keith Hartley qui a produit plus tard les Teenage Fanclub. Les enregistrements ont été refusés par Ghetto (Dick Leahy) car ils n’étaient pas assez vivants. Il a demandé que nous recommencions tout. C’est à ce moment qu’Alan Wills nous a quittés pour TOP et que nous avons trouvé deux batteurs avant que Iain Templeton n’arrive.

Pourquoi Ghetto a choisi Allison ?

Andrew Erskine : Je ne sais pas. Peut-être à cause de son travail avec les Wedding Present sur l’album George Best ? Je n’ai pas fait partie des gens qu’ils l’ont choisi. C’était une personne qui pouvait bosser avec nous.

Tu étais le manager. Est-ce que la presse (N.M.E., Mojo, Melody Maker) s’intéressait à l’enregistrement du disque ?

Andrew Erskine : La presse anglaise ne s’intéressait pas à Shack à cette époque. Nous avions quelques soutiens mais c’était difficile d’avoir une couverture médiatique si ce n’est des articles qui concernaient nos concerts. Nous faisions pas mal de concerts à cette époque, cela permettait de consolider le groupe et de faire rentrer de l’argent à cette époque sauf quand il abusait des drogues et de l’alcool.

Pourrais-tu me décrire l’enregistrement de Waterpistol ?

Andrew Erskine : Ceci est une autre histoire et je pense que cela va être compliqué pour ton article.
Nous avons enregistré l’album aux Chapel Studios dans le Lincolnshire et nous avons fait les mixs au Air Studios à Londres. Nous nous sommes tellement amusés que j’ai du mal à m’en souvenir. Ne pense surtout pas que Mick était à totalement à l’ouest. Il était très créatif à l’époque. Il a composé Neighbours, Time Machine et London Town lors de l’enregistrement de l’album.

Te rappelles-tu le jour de l’incendie des studios ?

Andrew Erskine : Ce n’est pas moi, je peux le prouver. J’ai toujours pensé que c’était une histoire pourrie et que c’était probablement une fraude aux assurances. Je doute que les bandes aient disparu. J’ai toujours émis de grosses réserves quant à cette partie de l’histoire.

C’était facile d’être le manager de Shack ?

Andrew Erskine : C’est le meilleur travail que j’ai jamais eu. J’ai adoré être avec eux et participé à ce fantastique enregistrement. Ce fut mon premier job dans l’industrie musicale et cela m’a donné envie de fondé mon propre label et de baigner dans ce milieu jusqu’en 2003.

Quel est ton meilleur souvenir de l’enregistrement de Waterpistol ?

Andrew Erskine : Entendre l’enregistrement de London Town aux Chapel Studios par un beau jour d’été… Les portes du studio étaient ouvertes et tout allait pour le mieux.

Shack a donné des concerts après l’incendie des studios. Quelle était l’ambiance au sein du groupe ?

Andrew Erskine : Beaucoup de choses ont mal tourné au même moment. Il y a eu un cambriolage dans le local de répétition et quelques guitares ont disparu. Au même moment le label a perdu son contrat de distribution car Rough Trade avait des problèmes. Et puis Ghetto semblait se concentrait d’avantage sur les Lightning Seeds que sur Shack.

Quand as-tu croisé Mick pour la dernière fois ?

Andrew Erskine : Il y a un an. J’ai vécu pas mal de temps à Los Angeles et je viens de revenir à Liverpool. Je crois que nos relations sont toujours bonnes. Je vais toujours le voir jouer en concert où que ce soit et je suis très excité d’entendre son nouvel album. J’aimerais aussi que Zilch et Waterpistol soient réédités. Mais je suspecte Mick et John de ne pas aller dans ce sens. Mais ces disques méritent vraiment une reconnaissance.

Quelle est ta chanson préférée de Waterpistol ?

Andrew Erskine : J’aime Undecided, Mood Of The Morning, London Town, Walter’s song et Stranger. Mais le disque entier est un chef d’œuvre. Je suis fier d’avoir managé le groupe qui a enregistré ça.

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Lance Phillips

Lance Phillips est l’ingénieur du son qui a mixé Waterpistol

Tu connaissais, tu appréciais la musique de Mick Head avant Waterpistol ?

Lance Phillips : Oui mais vaguement. J’avais fais quelques sessions auparavant avec Ian Broudie pour From Across The Kitchen Table des Pale Fountains. Mais je n’avais pas rencontré le groupe. Il s’agissait juste de sessions de mix et le groupe n’était pas présent. Je ne savais donc pas que c’était le premier groupe de Mick. Et, à ma grande honte, je ne m’en suis rendu compte qu’une fois que je mixais le disque avec Chris Allison.

As-tu participé à l’enregistrement ?

Lance Phillips : Je n’ai pas participé aux enregistrements directement. Tout cela s’est fait aux Chapel Studios dan le Lincolnshire. I y a eu quelques ajouts aux Star Studios (qui devait appartenir au label).
Une fois que les morceaux ont été enregistrés, Chris les a amenés aux studios Air (où je travaillais à temps complet comme ingénieur). Nous avons travaillé sur le mix final du disque. De l’enregistrement, j’ai bien peur de ne pouvoir rien te dire si ce n’est ce que Chris m’en avait dit. Visiblement, les choses avaient été compliquées.

Te rappelles-tu de ta première rencontre avec Shack ?

Lance Phillips : Oui. Tu dois te souvenir que je ne savais rien d’eux avant le premier jour du mixage. D’habitude, je demande des mix bruts de la session finale afin de découvrir le son et de me faire une idée de ce à quoi on pourrait aboutir, mais pour je ne sais quelle raison, cette fois, ça ne s’est pas passé comme ça. Donc là, je me suis retrouvé à démarrer les machines, placer les pistes, appuyer sur play et découvrir ce qu’on avait. Et c’était tellement mieux de travailler comme ça, parce que ce que j’ai entendu pour la première fois était franchement une révélation. On savait déjà que c’était très bon. Puis Mick et John sont arrivés. Je me souviens qu’ils étaient très calmes mais aussi très, très positifs par rapport aux sessions et la façon dont ça se passait. Je n’ai pas réalisé à quel point Mick était « malade », ce qui pouvait expliquer son calme. Mais c’est un type adorable (tous les deux d’ailleurs) et visiblement ravis d’être chez Air Studios. Et encore plus quand je leur ai présenté George Martin…

Quelle est chanson préférée de Waterpistol ?

Lance Phillips : Avec tous les mixs on a essayé d’obtenir un son jazz, psychédelique peut-être un peu brumeux, de manière à ce qu’on ne puisse pas tout entendre dès la première écoute mais qu’à chaque fois, on entende quelque chose de nouveau. On voulait que ça sonne organique, mais avec des côtés un peu déséquilibrés, une lead guitar un peu trop forte, ou en ajoutant de la reverb et du delay aux choeurs pour leur donner un côté éthéré. Tout ça pour s’éloigner de la production propre, nette, polie des années 80 et renforcer la singularité du disque.

L’album est génial et je repense avec affection à ces moments, mais c’était vraiment, vraiment beaucoup de boulot (pour plein de raisons) et cela nous a demandé beaucoup d’efforts. Je suis content que les morceaux sonnent naturels mais aussi de manière unique. C’était notre ambition. Je pense que mon morceau préféré est Mr Appointment, mais le mix dont je suis le plus fier est Time Machine celui-là s’est mis en place très vite. Il nous a pris un peu de temps, mais on a su dès le début que ça allait être un grand morceau.

Shack – Time Machine

Quel est ton meilleur souvenir lié à ce disque et son enregistrement ?

Lance Phillips : Mon meilleur souvenir est le plus évident : c’est quand nous avons ajouté les différents mixs et que nous avons créé les faces A et B dans l’ordre. En d’autres termes, nous avons compilé le disque. J’étais avec Chris et nous mis les bandes dans le lecteur, baissé la lumière et nous avons joué l’album du début à la fin. C’était la première fois que j’écoutais le disque comme un tout cohérent. Et c’était magnifique. Je me rappelle me dire que c’était le meilleur disque sur lequel j’avais travaillé. Les meilleurs chansons, le meilleur jeu (la batterie et la basse sont superbes) et le meilleur son.

Comment as-tu trouvé le son de Waterpistol ? Le son de ce disque est très particulier et magnifique ?

Lance Phillips : Il s’agit d’une question du mixage des chansons et de comment Chris a enregistré. Il n’a pas imposé le même son à toutes les chansons. Nous avons examiné toutes les parties de guitare pour les fondre en une seule ou nous voulions dépouiller certaines parties pour être encombrés. Chris a capturé de nombreuses idées sur la cassette. Nous avons donc du choisir ce que nous gardions et ce que nous abandonnions. Mais comme je te l’ai dit, nous aimions que quelque chose soit caché, quelque chose de trop fort, ou juste de faux par rapport à la journée. Donc on programmait la Bvox avec de la reverb et du delay, et au final on ne récupérait jamais le son d’origine. Ca a donné un son suranné, mais aussi un côté un peu éthéré. Et ensuite on ajoutait de la distorsion ou on compressait. Les guitares acoustiques était passées directement au compresseur Fairchild pour leur donner un véritable éclat ; les cordes étaient passées à l’Eventide pour créer un effet glissando. Les batteries étaient généralement à peine augmentées pour contrôler la reverb ; si tu préfères, on les gardait plutôt droites et « pures », sauf sur Sergeant Major où on a vraiment exagéré la fin des couplets pour que les pauses sonnent vraiment fort.

Pour la basse, on a fait un assemblage avec un DI et un Amp sound, avec généralement une touche de UREI pour limiter, mais parfois aussi des refrains avec le SPX90 et un peu de reverb sur les chansons plus calmes, jazzy pour donner l’impression d’une toute petite pièce.

Mais on a aussi eu de vrais problèmes. Je crois que que Chris a vraiment fait un super travail de production. Généralement, c’était merveilleusement bien joué, et on percevait la qualité du groupe sur chaque morceau, mais d’après ce qu’il m’a dit, ça n’a pas été si simple. Mick n’était pas au top de sa forme, et il avait parfois du mal à chanter juste. Evidemment, on n’avait pas d’autotune (d’ailleurs, je ne suis pas sûr qu’on l’aurait utilisé si on en avait eu un), donc on a laborieusement modifié certaines fausses notes. Même chose pour les guitares, qui n’était pas parfaites ici ou là, pas aussi précises qu’on aurait voulu. Certains mixs ont pris du temps, de longues heures de travail et beaucoup d’efforts.
Un des gros problèmes était le morceau Walter’s song.

Shack – Walter’s song

Mon souvenir (qui peut être un peu faussé, donc n’hésite pas à demander à Chris), c’est que cette chanson avait été commencée par un autre producteur. Alors, je ne sais pas trop comment ça se fait, mais quand on a posé la cassette et appuyé sur play, tout était nickel pendant environ 1 minute 30, puis, d’un seul coup, tout le morceau s’est mis à accélérer et ralentir. On a vérifié notre lecteur: tout allait bien. On ne comprenait pas, donc on a recommencé et rebelote. L’enregistrement était inexploitable, mais Chris n’avait pas le temps de le réenregistrer. Donc il nous a fallu le reconstruire, quasiment mesure par mesure. On n’avait pas à l’époque de ProTools ou Logic, donc on a dû faire comme ça.

On a fait amener une seconde console Studer 24 pistes et on a recopié le plus possible de la chanson originale d’une machine sur l’autre. Quand elle a commencé à accélérer, on a arrêté. Donc on s’est retrouvés avec, on va dire, une minute de chanson utilisable sur la machine n°2, et il fallait aller récupérer un bout de refrain ou de couplet qui était correct sur la machine n°1, par exemple le 3ème couplet, et le rebalancer sur la machine 2, en tant que, par exemple, 2ème couplet. On a fait la même chose pour tous les refrains et les ponts, retrouver les mesures et groupes de mesures qui étaient bien, les envoyer sur l’autre machine, aller vérifier, puis reconstruire le morceau en mettant tout bout à bout. On a fait ça pour la batterie, puis la basse, puis toutes les guitares, puis les voix et enfin les arrangements des cordes. Morceau par morceau, phrase par phrase, ligne par ligne. Parfois, on devait enregistrer des parties individuelles et les réintroduire (un peu comme un sample primitif) à un autre endroit de la chanson où elles étaient répétées. On s’aidait des fonctions sample de l’AMS et de l’Eventide, but généralement il s’agissait de repérer, appuyer sur play sur une machine, record sur l’autre, aux moments où on pensait que ça allait marcher. Parfois, c’était bon, parfois non. C’était un processus long et frustrant, et ça nous a demandé beaucoup de patience. Mais Chris a eu complètement raison, parce qu’après quelques jours à faire ça, on a fini par obtenir un morceau entier parfait, sans accélération ou décélération, qu’on a pu ensuite mixer. Et c’est un de mes mixs préférés sur cet album, parce qu’on ne peut pas deviner qu’on était passés par tout ça…

Quelles méthodes et quelles techniques as-tu utilisées ?

Lance Phillips : Je suppose que maintenant, tu en as une idée. Mais je crois que ce qui a été le plus utile sur tout l’album, c’était les arrangements, et je ne peux en tirer aucune fierté, c’était grâce à Chris et au groupe. Bien sûr, pendant le mixage, on discutait avec Chris de ce qu’on pouvait retirer ou ajouter, déplacer ou échanger. Mais le gros du gros venait du travail de Mick, John et Chris et de leurs idées lors de l’enregistrement. On a veillé à bien placer tout correctement dans le Stereo Spectrum pour qu’on entende bien tout, puis on ajustait les niveaux de manière à ce qu’il faille vraiment bien écouter pour entendre certains éléments (comme les lignes de clavier sur Time Machine), comme les choeurs ou autres… Puis Chris ajoutait un hélicoptère ou deux…

Tu as travaillé avec le groupe ? Ils avaient des idées concernant le mix ?

Lance Phillips : Oui. Mick et John étaient très enthousiastes en ce qui concerne notre travail. Il s’agit des personnes avec qui j’ai eu le plus de facilités à travailler. Je serais intéressé de savoir ce qu ils en pensent 20 ans après. Toute personne qui écoute les chansons que nous avons faites sait que nous avons vécu quelque chose de spécial. J’ai fait écouter ces morceaux aux autres ingénieurs, aux managers et à George Martin. Ils ont tous aimé. Tu dois avoir en tête quelle musique était à la mode à cette époque, et à quel point on sonnait démodés. Nous avions les La’s et les Stone Roses, mais à part ça, il y avait très peu de groupes en studio qui faisaient ce genre de disque. On était en amont de la période Britpop, avec laquelle tout tournait de nouveau autour des groupes. On comprend pourquoi Noel Gallagher était un grand fan. Nous étions en avance sur notre temps.

J’ai toujours pensé que ce disque deviendrait un classique. Je n’avais jamais pensé que cela prendrait cinq ans.

Maintenant tu connais bien l’histoire du mixages de ce disque. Mais ce que tu ne sais pas, ni Chris Allison ni Paul Kinder ni personne d’autre d’ailleurs, et que j’avais gardé des bandes de sécurité avec tous les mixages. Et je les ai transférées sur cd. Je les écoute pour mon plaisir. C’était évidemment contre toutes les règles de déontologie de l’époque. Il y a deux ans, je les ai retrouvées car je déménageais. En rangeant mes affaires, je suis tombé sur une boite. Je les avais oubliées avec le temps. Personne ne sait qu’elles existent. Il y a quelques mixs alternatifs qui pourraient peut-être voir le jour. Ou pas. Il faudrait voir ça avec Chris.

Jim McCulloch

Jim McCulloch a fait partie des The Soup Dragons. Shack a ouvert pour ce groupe le temps de cinq concerts en 1990.

Comment as-tu rencontré Shack ?

Jim McCulloch : J’étais un très grand fan des Pale Fountains avant de connaître Shack. Nous recherchions un groupe pour assurer quelques premières parties en Angleterre. Notre agent nous a proposé Shack. Je n’ai pas hésité et j’ai dit au groupe : « On va les prendre, vous ne serez pas déçus ! »

Qu’as-tu pensé des débuts de Shack ?

Jim McCulloch : Après High Rise Low Life, je les ai un peu perdus de vue. Et puis nous avons entendu leurs nouvelles chansons. C’était très impressionnant. Je me rappelle que les Teenage Fanclub enregistraient quelques chansons à Liverpool pour Bandwagonesque. Ils sont venus à la maison et nous ont dit que Michael Head enregistrait de la musique fantastique dans le studio voisin. C’était une période très excitante.

Quel est ton souvenir préféré de cette tournée ?

Jim McCulloch : Mon souvenir préféré est celui des balances. Je traînais toujours dans le coin pour écouter. Ils faisaient toujours des reprises de Love et c’était très spécial pour moi. Mon vieil ami Andrew était devenu leur manager et c’était un bon point pour eux.

Le pire ?

Jim McCulloch : Le pire souvenir ? Le public n’écoutait pas trop leur musique et ils n’avaient que 30 minutes par soir. Je me rappelle du concert d’Edinbourgh qui fut un concert fantastique pour les deux groupes.

Paul Fitzgerald

Paul Fitzgerald est journaliste au GetintoThis et est un fan historique des Pale Fountains et de Shack.

Peux-tu me raconter l’époque de Waterpistol ?

Paul Fitzgerald : C’était une époque formidable pour le groupe. Nous attendions tous des nouvelles chansons. En fait, nous attendions la suite de Zilch qui était sorti quelque années plus tôt. La composition du groupe était excellente, plus forte qu’auparavant : Pete à la basse, Alan Wills à la batterie. Quant au jeu de John, il était devenu totalement incroyable. Ils étaient dans des mains sûres et étaient protégés de toutes les conneries du business musical londonien. Cependant l’ectasy est arrivée. Il y en avait partout. Cela a eu un impact sur Mick. Un jour Andrew m’a emmené les voir et écouter leurs nouvelles chansons. J’étais bluffé. Chaque nouvelle chanson était une grande chanson. Je me suis assis, totalement sonné. J’adorais tout : chaque note, chaque rythme… Mood of The Morning, Sgt Major, Stranger, Time machine, Neighbours. Tout était incroyable. Il s’agissait de chansons vivantes, importantes et urgentes. Je les ai adorées tout de suite. Il n’y avait pas une seule mauvaise chanson. Et tu dois avoir en tête que Pete, Alan et John étaient des musiciens incroyables. Ils jouaient ces chansons d’une telle manière… On attendait tous l’album. Et il n’est pas sorti alors que c’était le meilleur travail de Mick. Après, il a écrit le disque des Strands. Mais j’adore tout sur Waterpistol : les personnages, le côté vivant des chansons, les apports dance de Pete et d’Alan, le côté jazzy… Et en tant que grand fan des Paleys, j’étais au septième ciel quand il m’ont demandé que je leur prête mon disque préféré de Billie Holliday pour faire un échantillonage et enregistrer Time Machine. Cela me donne toujours le sourire.

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Stefan Kassel

Stefan Kassel travaille pour le label Marina Records et est graphiste.

Comment le label Marina a rencontré Shack ?

Stefan Kassel : J’ai d’abord rencontré Mick après que Zilch ait été publié. C’était pour une interview pour un magazine. J’ai aussi rencontré Ian Broudie dans son studio (le producteur) et Dick Leahy, le boss de Ghetto Recordings dans les bureaux du label à Londres. Plus tard, j’ai revu Ian Broudie et son bassiste après un concert des Lightning Seeds à Hamburg. Ils m’ont parlé de ce projet avorté. Quand nous avons publié le disque, Shack était dissous. Mais Dick Leahy était plus qu’heureux de nous autoriser à publier le disque. Il a d’ailleurs été très content du résultat. Sans Marina, ce disque n’aurait jamais vu le jour. Nous étions très contents de faire ces efforts pour publier ce disque. Tu connais l’histoire… Il a été porté disparu pendant quelques temps.

Qui est l’auteur de cette pochette ? Toi ? Et ces photos ?

Stefan Kassel : Toutes les photographies ont été choisies car elles poursuivent l’histoire et les codes esthétiques établis par les Pale Fountains et Zilch. C’est pourquoi je les ai choisies. La pochette fonctionne bien avec le titre de l’album.

Avais-tu d’autres idées ?

Stefan Kassel : J’ai toujours eu cette direction. Il n’y avait pas d’autres choix pour la couverture.

Waterpistol de Shack est édité par Marina Records.
Les photographies de Shack ont été prises par Paul McCoy.

Shack - Waterpistol

Tracklist : Shack - Waterpistol
  1. Sgt Major
  2. Neighbours
  3. Stranger
  4. Dragonfly
  5. Mood Of The Morning
  6. Walter's Song
  7. Time Machine
  8. Mr. Appointment
  9. Undecided
  10. Hazy
  11. Hey Mama
  12. London Town

Michael Head publiera un nouvel album (Adiós Señor Pussycat) début 2017.
Retrouvez les articles concernant Michael Head sur SK* :

Thx to Shacknet pour les visuels.
Thx to Bretelle & Buddy, Ben & Dick Leahy, Lance Phillip, Chris Allison, Stefan Kassel, Pete Wilkinson, Andrew Erskine & Paul Kinder, Paul Fitzgerald et Jim McCulloch & Sean Dickson.

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