Michael Head & The Red Elastic Band – Adiós Señor Pussycat

En 1997, par on ne sait quel miracle, parut le plus beau disque de Michael Head. Au bord du précipice, épuisé par des années d’une carrière aux chansons aussi éblouissantes qu’inoubliables, il n’avait que les cordes de sa guitare qui le reliaient au monde des vivants. En 2017, par on ne sait quel miracle, Michael Head donne une suite parfaite à ce disque.

L’ex-leader des Pale Fountains et de Shack sort donc un album en 2017. Quand on regarde la carrière du lascar, on se dit qu’on est vraiment chanceux. Chat noir de la pop anglaise, Head n’a jamais eu le succès escompté et mérité mais a en contre-partie sept vies. Alors que certains pointent à l’entrée du cimetière ou au bureau, Michael Head est toujours resplendissant. Adiós Señor Pussycat est un disque hallucinant car c’est le décalque parfait du disque des Strands. En 1997, Michael Head convoquait dans son monde magique (enfin pas si magique que ça) pêle-mêle ses angoisses, ses démons et Nick Drake. Pris en photographie à cette époque par Renaud Monfourny des Inrocks, on ne donnait pas cher de sa peau. Deux décennies plus tard et après quelques disques de Shack (dont l’insurpassable Here’s Tom With The Weather), Head est métamorphosé. Pris en photographie par John Johnson, ce type est radieux. Alors qu’il nous tournait encore le dos sur l’EP Artorius, il nous offre ici un visage heureux et inédit. A tel point que ce sourire effacé depuis des années a permis à Pascal Blua de faire une pochette d’album.
Encadré par le producteur Steve Powell (déjà aux manettes du disque des Strands, tiens tiens…), notre héros chante comme jamais et a encore écrit des petits trésors.

Michael Head & The Red Elastic Band – Josephine

Et bien malin celui qui pourra dire réellement ce qu’il pense de ce disque au bout d’une centaine d’écoutes.
Les chansons de Michael Head ont deux pouvoirs. Le premier est de ne prendre aucune ride. Écoutez Pacific Street, album publié en 1983 et tout le reste de vos disques prendront immédiatement un coup de vieux.
Champion hors catégorie de la cassure, Michael Head a le pouvoir d’écrire des chansons qui révèlent toute leur saveur au bout des années d »écoute. On se surprend encore aujourd’hui à découvrir un détail lors d’une écoute de Waterpistol ou du second disque des Paleys. Ceux qui savent ne seront pas surpris. Pour les nouveaux, on dira modestement que ce disque est résolument rock et qu’ils viennent de tomber sous le charme de la plus belle plume de la pop anglaise de ces trente dernières années. Bienvenue au club les gars !

Adiós Señor Pussycat de Michael Head & The Red Elastic Band sera publié via Violette Records le 20 octobre 2017.
La pochette de l’album est signée Pascal Blua.

Michael Head and The Red Elastic band - Adiós Señor Pussycat

Tracklist : Michael Head & The Red Eladtic Band - Adiós Señor Pussycat
  1. Picasso
  2. Overjoyed
  3. Picklock
  4. Winter Turns To Spring
  5. Workin’ Family
  6. 4&4 Still Makes 8
  7. Queen Of All Saints
  8. Josephine
  9. Lavender Way
  10. Rumer
  11. Wild Mountain Thyme
  12. What’s The Difference
  13. Adios Amigo

Michael Head & The Red Elastic Band – Adiós Señor Pussycat
10/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
Vous avez aimé ? Partagez !

Cela pourrait vous intéresser

Le spleen de From Your Balcony

Nicolas Swierczek et ses From Your Balcony viennent de publier un grand disque. Avec pour allié le temps, cet élément que l’on préfère dérouler à tout-va plutôt que de le laisser travailler, ce groupe lillois laisse libre cours à sa mélancolie et poursuit un idéal pop qu’il arrive à atteindre.
Olivier Rocabois - Goes Too Far

Olivier Rocabois – Goes Too Far

Olivier Rocabois fait feu de tout bois pour dépasser par la droite Neil Hannon sans le prévenir et laisser tout penauds les frères Brewis de Field Music.

Vibrer avec Mel Bowen !

Mel Bowen donne enfin une suite à son EP Everyday’s A Holiday ! L’ex Mercury 13 revient avec un nouvel EP qui devrait adoucir l’été et nous faire rêver de la Mersey.

Passionnant Johan Asherton

Et un nouveau beau disque de Johan Asherton ! L’ex-The Froggies, qui a eu le chic de ne jamais enregistrer un mauvais disque depuis ses débuts solo en 1988 avec God’s Clown, revient avec Passiontide, une collection de dix chansons sombres et élégantes.

Plus dans Chroniques d'albums

Blondino

Blondino – Un paradis pour moi

Blondino fait partie de ces artistes pour lesquels la définition serait à chaque fois imparfaite, trop vague, une suggestion. Ou alors une tentative. Avec juste quelques balises, posées, lancées plutôt, vers de vagues extrémités, histoire d’en conserver l’ampleur. Vestale évanescente au milieu des villes mélancoliques, de territoires sauvages, fauves même… Et puis des ombres, des […]
Limiñanas / Garnier - De Pelicula

The Limiñanas / Laurent Garnier – De Película

Qu’est-ce qui ressemble à un disque des Jesus and Mary Chain ? Un disque des Jesus and Mary Chain. Qu’est-ce qui ressemble à un disque des The Limiñanas ? Un disque des The Limiñanas Avec De Película, les The Limiñanas signent un pacte avec Laurent Garnier et quitte les rivières pourpres de Shadow People pour […]
H- Burns -Burns The Wire

H-Burns – Burns on the Wire

H-Burns décide de prendre tous les risques et quitte l’Amérique de Jason Molina et de Rob Schnapf pour le Canada du Perdant Magnifique.
Tar - Tar Box

Tar – Tar Box

En 1991, Nirvana décrochait le jackpot avec Nevermind, leur deuxième album. En 1991, Tar ne décrochait pas le jackpot avec Jackson, leur deuxième album. Passée à l’époque sous les radars de la presse européenne, la musique de Tar revient sur le devant de la scène avec un élégant coffret.