Jonathan Fire*Eater ‎– Tremble Under Boom Lights

Third Man Records fait oeuvre d'utilité publique en rééditant Tremble Under Boom Lights des feux Jonathan Fire*Eater. Sans ces derniers, Paul Banks (Interpol) serait resté seul avec ses boutons d’acné et les Yeah Yeah Yeahs ne seraient pas sortis de leur local de répétition. Vénérés (et pillés) par les Strokes, les Jonathan Fire*Eater furent le meilleur groupe du monde. Et ça, Jack White ne l'a pas oublié.


En 1996, le monde de la presse musicale avait les yeux rivés sur l’Angleterre. Cette année-là, on écoutait Oasis et on dissertait allègrement sur le prochain Pulp. Le rock américain était à la ramasse (commercialement parlant) : Evan Dando et ses Lemonheads se plantent avec Car button cloth et Grant Lee Buffalo se prend les pieds dans le tapis avec Copperopolis. Seuls espoirs pour les States : Vivadixiesubmarinetransmissionplot des Sparklehorse et The Natural bridge des Silver Jews. On a donc vu mieux question joie de vivre.
Un groupe entretenait pourtant la flamme du Gun Club à l’aide de concerts totalement dingues : les Jonathan Fire* Eater. Ces gens là n’avaient rien à voir avec la Divine Comedie de Dante. Non… Ce groupe new-yorkais est plus sensible au Banquet de l’Italien. Car c’est faire bombance que d’écouter ces gentils dingues. Paul Maroon, Walter Martin,Tom Frank, Matt Barrick et feu Stewart Lupton convoquaient Leonard Cohen, les Cramps et surtout le Gun Club dans leur décor baroque et leurs chansons orgiaques.

Jonathan Fire*Eater – The Search For Cherry Red

« C’est vrai que le rock’n’roll est mort. Il est devenu une pute, ridicule, sans la moindre importance.(…) Je marche à fond dans toute cette mythologie. Quitte à tomber dans les plus tristes clichés. Le seul que je n’ai pas encore essayé, c’est de mourir jeune. » déclarait Lupton à JD Beauvallet des Inrocks . On connait désormais la fin de l’histoire. Lupton est mort en 2018 à l’âge de 43 ans dans un relatif anonymat.
Il nous reste donc ce disque, impeccablement réédité, avant que le groupe n’entre dans une phase de déclin. En 1997, les JFE signèrent Wolf Songs for Lamb, un album boudé par la critique et le public, qui fut le point (magistral) final du groupe. Il nous reste donc Tremble Under Boom Lights et ces chansons à faire réveiller tout un quartier voire un cimetière.

Tremble Under Boom Lights des Jonathan Fire*Eater sera disponible le 18 octobre 2019 chez Third Man Records.

Jonathan FireEater’s -Tremble Under Boom Lights

Tracklist : Jonathan Fire*Eater - Tremble Under Boom Lights
  1. The Search For Cherry Red
  2. Make It Precious
  3. Give Me Daughters
  4. The Beautician
  5. Winston Plum
  6. The Public Hanging Of A Movie Star
  7. The Cakewalk Of Crime
  8. When Prince Was A Kid

Jonathan Fire*Eater ‎– Tremble Under Boom Lights
10/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.

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