Jonathan Fire*Eater ‎– Tremble Under Boom Lights

Jonathan FireEater’s -Tremble Under Boom Lights
Louis - 11/10/2019

Third Man Records fait oeuvre d’utilité publique en rééditant Tremble Under Boom Lights des feux Jonathan Fire*Eater. Sans ces derniers, Paul Banks (Interpol) serait resté seul avec ses boutons d’acné et les Yeah Yeah Yeahs ne seraient pas sortis de leur local de répétition. Vénérés (et pillés) par les Strokes, les Jonathan Fire*Eater furent le meilleur groupe du monde. Et ça, Jack White ne l’a pas oublié.

En 1996, le monde de la presse musicale avait les yeux rivés sur l’Angleterre. Cette année-là, on écoutait Oasis et on dissertait allègrement sur le prochain Pulp. Le rock américain était à la ramasse (commercialement parlant) : Evan Dando et ses Lemonheads se plantent avec Car button cloth et Grant Lee Buffalo se prend les pieds dans le tapis avec Copperopolis. Seuls espoirs pour les States : Vivadixiesubmarinetransmissionplot des Sparklehorse et The Natural bridge des Silver Jews. On a donc vu mieux question joie de vivre.
Un groupe entretenait pourtant la flamme du Gun Club à l’aide de concerts totalement dingues : les Jonathan Fire* Eater. Ces gens là n’avaient rien à voir avec la Divine Comedie de Dante. Non… Ce groupe new-yorkais est plus sensible au Banquet de l’Italien. Car c’est faire bombance que d’écouter ces gentils dingues. Paul Maroon, Walter Martin,Tom Frank, Matt Barrick et feu Stewart Lupton convoquaient Leonard Cohen, les Cramps et surtout le Gun Club dans leur décor baroque et leurs chansons orgiaques.


Jonathan Fire*Eater – The Search For Cherry Red

« C’est vrai que le rock’n’roll est mort. Il est devenu une pute, ridicule, sans la moindre importance.(…) Je marche à fond dans toute cette mythologie. Quitte à tomber dans les plus tristes clichés. Le seul que je n’ai pas encore essayé, c’est de mourir jeune. » déclarait Lupton à JD Beauvallet des Inrocks . On connait désormais la fin de l’histoire. Lupton est mort en 2018 à l’âge de 43 ans dans un relatif anonymat.
Il nous reste donc ce disque, impeccablement réédité, avant que le groupe n’entre dans une phase de déclin. En 1997, les JFE signèrent Wolf Songs for Lamb, un album boudé par la critique et le public, qui fut le point (magistral) final du groupe. Il nous reste donc Tremble Under Boom Lights et ces chansons à faire réveiller tout un quartier voire un cimetière.

Tremble Under Boom Lights des Jonathan Fire*Eater sera disponible le 18 octobre 2019 chez Third Man Records.

Jonathan FireEater’s -Tremble Under Boom Lights

Tracklist : Jonathan Fire*Eater - Tremble Under Boom Lights
  1. The Search For Cherry Red
  2. Make It Precious
  3. Give Me Daughters
  4. The Beautician
  5. Winston Plum
  6. The Public Hanging Of A Movie Star
  7. The Cakewalk Of Crime
  8. When Prince Was A Kid

Jonathan Fire*Eater ‎– Tremble Under Boom Lights
5.0
Pouet? Tsoin. Évidemment.

Un avis, un commentaire ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


A lire dans “Chroniques d'albums

Terry Hall - Home

Terry Hall – Home

Le Disquaire Day est reporté au 20 juin 2020 pour les raisons que nous connaissons tous. Heavenly Recordings, le label de Jeff Barrett, devait publier la première édition vinyle de Home de Terry Hall. Publié uniquement en CD en 1994 chez Anxious Records, le label de Dave Stewart d’Eurythmics, Home est un grand disque de…

Pearl Jam - Gigaton

Pearl Jam – Gigaton

Au début des années 1990, Pearl Jam faisait la passe de trois avec ses trois premiers albums (Ten, Vs. et Vitalogy). Trois albums, trois grands disques de rock américain. Depuis l’arrivée des années 2000, Pearl Jam a réussi l’exploit de sortir des disques plus que corrects mais enrubannés dans des pochettes giga laides. Le dernier…

Baxter Dury - The Night Chancers

Baxter Dury – The Night Chancers

La carrière de Baxter Dury a débuté en 2001 avec Oscar Brown, un single magistral et claustrophobe. Elle aurait dû connaitre son acmé avec trois concerts parisiens trois soirs d’avril qui devaient accompagner la sortie de The Night Chancers. Le sacre du fils prodigue est reporté.

Cornershop - Engaland is a Garden

Cornershop – England is a Garden

Révélés au grand public en 1997 par le très dansant Brimful Of Asha (deuxième morceau de l’impeccable When I Was Born For The 7th Time), les Cornershop ont depuis enchaîné des phases de silence prolongé entrecoupées par des sorties de disques brillants. Cornershop n’est pas un groupe qui tourne beaucoup. Par contre, leurs disques tournent…

Bleu – Sweet Coldness

Sweet Coldness est un instant entre deux. C’est la musique d’une chambre d’hôtel. D’un regard. D’une fenêtre. Confiné là, c’est la couleur du dehors. Entre gris, entre bleu. Ça oscille. Et de nouveau, il pleut. C’est une attente. Lascive. À compter le temps qu’il reste. À imaginer un peu tout, la suite en mieux.

Honey Harper - Starmaker

Honey Harper – Starmaker

Rien ne va dans le monde mais tout va bien en Georgie qui est en passe de devenir l’État le plus important des États-Unis. Après le Super Tuesday, après la reformation des Black Crowes, le quatrième état américain fêtera la sortie de Starmaker, le premier album d’Honey Harper.

The Orielles - Disco Volador

The Orielles – Disco Volador

Le label Heavenly Recordings (Saint Etienne, Mark Lanegan) fête dignement ses trente ans avec la sortie de Disco Volador, le deuxième disque des Orielles qui, on le souhaite, ne sera pas leur second.

Greg Dulli - Random Desire

Greg Dulli – Random Desire

Greg Dulli n’a jamais déçu. Que ce soit avec les Afghan Whigs ou The Twilight Singers ou encore avec Mark Lanegan le temps de The Gutter Twins. Ce n’est pas avec son premier album solo que la déception va pointer le bout de son nez.

Pictish Trail – Thumb World

L’Écossais Johnny Lynch aka Pictish Trail est tellement fou qu’il ferait passer son compatriote Steve Mason (The Beta Band) pour quelqu’un de totalement ennuyeux. La preuve avec Thumb World, son nouvel album.

The Lost Brothers - After The Fire After The Rain

The Lost Brothers – After The Fire After The Rain

Encensés par Richard Hawley, produits par Brendan Benson (The Raconteurs) et amis de M. Ward, les Lost Brothers ont tout pour réussir. Si c’est le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis (où ils vont assurer la première partie de M. Ward lors de sa prochaine tournée), fort est de constater que la greffe ne prend…

Humanist – Humanist

Il y a Rob Marshall et les autres. Pour son premier disque solo, l’ex Exit Calm réussit l’exploit de réunir une douzaine de chansons belles à tomber à la renverse avec un casting qui donne le tournis. Humanist est un coup de foudre. Et comme pour Lucien Leuwen de Stendhal, Humanist est un coup de…

Destroyer - Have We Met

Destroyer – Have We Met

Il y a neuf ans, l’ex The New Pornographers Dan Bejar publiait Kaputt un disque somptueux qui avait le mérite d’unir les fans irréconciliables de New Order et de Prefab Sprout. Au lieu de capitaliser sur ce succès, Bejar nous a plongé dans une pop magnifique mais dépressive pendant deux albums. Have We Met sonne…

Andy Shauf - Neon Sklyline

Andy Shauf – The Neon Skyline

En mai 2016, Andy Shauf avait tué toute la concurrence en publiant The Party. Il recommence en janvier 2020 avec The Neon Skyline.

Isobel Campbell- There Is No Other

Isobel Campbell – There Is No Other

Pour un retour inespéré, c’est un retour inespéré. L’ex Belle and Sebastian n’avait pas donné de nouvelles depuis dix ans. Elle est de retour avec There Is No Other, un disque impeccable.

East Village - Hotrod Hotel (2)

East Village – Hotrod Hotel

Michael Schulman, le patron de Slumberland Records (Tony Molina, Pete Astor, Veronica Falls pour ne citer qu’eux) se fait plaisir en rééditant Hotrod Hotel.

Bill Fay - Countless Branches

Bill Fay ‎– Countless Branches

Adulé par les membres de Wilco et de War On Drugs, vénéré par Jim O’Rourke et Ed Harcourt, Bill Fay est définitivement sorti de sa retraite à l’âge de 76 ans avec la sortie de Countless Branches.

Alma Forrer - L'année du loup

Alma Forrer – L’année du loup

« J’ai envie de toi » chante Alma Forrer dans N’être que l’hiver qui ouvre son premier album L’année du loup et à son écoute nous avons aussi terriblement envie d’elle, de ses chansons entre folk américain et variété française au sens le plus noble.

Field Music - Making A New World

Field Music – Making A New World

Si Oasis et Radiohead n’avaient pas existé…. Si les Foals et les Coral n’avaient pas existé… Les Field Music seraient sûrement le groupe anglais le plus influent et le plus médiatisé de ces quinze dernières années.

The Electric Soft Parade - Stages

The Electric Soft Parade – Stages

Retour inattendu (et inespéré) des frères White ! Les Electric Soft Parade ouvrent le bal des sorties de 2020 et mettent d’emblée la barre très haute.