Catégories
Chroniques d'albums

VedeTT – Tuer les gens

Sur le marché très encombré de la cold-wave, l’ingénieux angevin VedeTT débarque sans coup férir et publie un album qui tire son épingle du jeu en durant aussi longtemps qu’un disque de Weezer et en braconnant sur les terres de Motorama.


Autrefois un groupe, VedeTT est devenu l’affaire personnelle de Florent Vincelot qui vérifie donc le fameux adage : « on n’est jamais mieux servi que par soi même » !
Servi donc par une formation réduite à sa portion congrue avec le Père Florent Vincelot, Tuer les gens avance à 100 à l’heure, dépasse par la droite ses concurrents et ne laisse aucun temps mort.
Bienvenue sur l’autoroute Angers-Manchester.
Pour le péage, voyez avec le pilote !

Mais que ce disque est bien gaulé !
En 33 minutes et avec un seul temps mort au compteur (Backing Friends), VedeTT nous file le bourdon comme ce n’est pas permis. Mais attention ! On parle ici de bourdon de luxe… Pas de la petite dépression passagère de pacotille.
Non, non avec Tuer les gens, on file dans les entrailles cérébrales d’un garçon qui ne sait écrire que de la musique triste. Et nous, ça nous rend joyeux. Allez comprendre…

Il y a quelques semaines le label Echo Orange avait su nous attirer dans les mailles du filet de sa vedette avec le seul titre chanté en français (mais misanthrope comme les autres, on vous rassure tout de suite)

Empruntant un chemin très balisé et ayant pour G.P.S un certain Romain Lejeune, VedeTT nous refile donc des morceaux qui sont de véritables petites confiseries pop. Les fans de Joy Division devraient logiquement attraper des caries le mois prochain.
Formidablement agencé, l’album de Vincelot nous reçoit avec deux premiers morceaux voluptueux (Fade Away & Little Plane).
En hôte de qualité, il nous sert l’apéritif avec Free Chicken avant de nous atomiser avec le hors-d’œuvre (Fried, I don’t Care, Tuer les gens). Comme c’est un être affable et aimable, VedeTT file le dessert en sus pour les plus courageux (Tourist).

VedeTT m’a tueR.

VedeTT - Tuer les gens

Tuer les gens de VedeTT est disponible depuis le 30 octobre 2015 via le label Echo Orange.
Une tournée est prévue pour le début de l’année 2016.

Tracklist : VedeTT - Tuer les gens
  1. Fade Away
  2. Little Plane
  3. Free Chicken
  4. Fried
  5. Friday Morning
  6. Long Way Homie
  7. Backing Friends
  8. I Don't Care
  9. Tuer les gens
  10. Tourist
  11. From Earth
VedeTT – Tuer les gens4.0
8/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Cela pourrait vous intéresser

VedeTT - It Seems To Be Natural

Vidéo : VedeTT – It Seems To Be Natural

Si l’on devait désigner un EP de l’année, cela serait assurément ces quatre titres fulgurants des angevins de VedeTT qui ont tout à gagner avec ce Losing All à la terrible beauté. On est ensuqué de bonheur avec le plantureux It seems to be natural entre spleen et idéal.

Vidéo : VedeTT – Get Off The Road

Rasoir VedeTT ? sûrement pas. Get Off The Road est extrait de leur nouvel EP, Losing All qui sort le 8 décembre chez Echo Orange et met une bonne claque à la concurrence avec leur new wave 3.0
VedeTT © Paul Liaigre

5 questions à … VedeTT

SK* a demandé à une vingtaine (et plus) d’artistes appréciés par les membres de l’équipe de répondre à cinq questions très simples avec leurs morceaux du moment, nouveaux ou anciens. Voilà le tour de VedeTT, auteur fin 2015 de l’excellent programmatique Tuer les gens et en concert à Paris (Petit Bain) ce samedi 18 février…
VedeTT - Tuer les gens

VedeTT – Tuer Les Gens

Il faut être culotté pour s’appeler VedeTT quand on débute un projet, encore plus quand on sort en octobre 2015 un premier album intitulé « Tuer les gens ».
VedeTT - Free Chicken & Fried

Déjà VedeTT !

On vous a déjà dit tout le bien que l’on pense de VedeTT, trio angevin emmené par son bassiste Nerlov au spleen crépusculaire mais sacrément jouissif en concert.
VedeTT - Tuer Les Gens

VedeTT lave plus noir !

VedeTT, c’est le père Florent Vincelot qui fait dans la spleen pop et dans la machine à laver les émotions.

Plus dans Chroniques d'albums

Giant Sand - Ramp

Giant Sand – Ramp

Certains ont pour loisir la pêche, d’autres la pétanque. Le patron de Fire Records préfère laisser les boules aux autres et se concentre sur les rééditions de ses disques préférés. Après avoir ressorti le catalogue de Television Personalities et celui de Bardo Pond et avant de s’attaquer aux beaux disques des Chills et des Lemonheads,…
Nadine Shah - Kitchen Sink

Nadine Shah – Kitchen Sink

Après avoir traité des problèmes géopolitiques mondiaux sur Holiday Destination, l’anglaise Nadine Shah change de braquet et décide de s’occuper d’elle et de la société anglaise. Sur ce quatrième et nouvel album, elle passe à la moulinette les défauts de la société anglaise et a écrit, inconsciemment, ses meilleures chansons.
Lane - Pictures of a Century

LANE – Pictures of a century

Le coup de poing musical de la semaine (ou du mois, voire de l’année) est signé LANE (pour Love and Noise Experiment). Avec dans ses rangs des anciens Thugs et des anciens DARIA, on savait que le niveau serait relevé. Il l’est tellement que les chansons de ce premier disque débordent dans notre salon et…

Manopolo – Billie

Premier EP pour le duo amiénois. Premier EP avec quatre morceaux qui allie la soul et le blues. Quatre morceaux écrits pendant le premier confinement. Quatre morceaux qui sont autant de rêves éveillés.
Built to Spill - Built to Spill plays the songs of Daniel Johnston

Built To Spill – Built To Spill Plays the Songs of Daniel Johnston

Doug Martsch a toujours été un immense fan de feu Daniel Johnston. Il reprenait, dès 1994, les chansons de ce dernier avec la première version de Built To Spill. En 2017, l’agent de Daniel Johnston proposa à Martsch que BTS soit son backing band. L’affaire fut conclue. En trois ans, beaucoup de choses se sont…

Jehnny Beth – To love is to live

Et entre les deux, la rage. Entre un S et le verbe aimer. La rage, en forme d’apostrophe impossible, quand les deux ne veulent pas se coller. S’aimer, pourtant. To love is to live, comme l’annonce Jehnny Beth. Vivre. Aimer. Vivre et puis aimer. S’aimer peut-être, s’aimer enfin, tant ses chansons prennent la forme d’un…
Régina Demina - Hystérie

Régina Demina – Hystérie

On voudrait voir la dame blanche, en short serré, talons aiguilles et joli décolleté, on se trouverait probablement au bon endroit. On souhaiterait voir la Belle et la Bête monter une barre de pole dance, ou Atchoum se maquiller en princesse, on le serait probablement encore aussi. Car Régina Demina est un enchevêtrement de peut-être,…