La sortie de Foreverland, onzième album de The Divine Comedy a le chic pour mettre en émoi tous les gens de bon goût et faire tomber en pâmoison les antiquaires du Dauphiné. Et si Neil Hannon sortait un mauvais disque ? Et si le nord-irlandais allait faire dans l’aligot et la chantilly plutôt que dans la pâtisserie moléculaire ? On les rassure tout de suite, tout est bon dans le Hannon comme dans ce Foreverland.


Neil Hannon ne ment pas. Les choses ont débuté en Fanfare (for The Comic Muse) comme il l’avait annoncé en 1990 et n’ont pas cessé d’en être une depuis. Depuis vingt-six ans, Neil Hannon fait de la pop comme personne et joue le rôle de l’épicier de luxe. Alors que les Last Shadow Puppets ont des allures de hard-discounters des sixties, Neil Hannon garde toujours un rayon d’avance et fait la nique à tout le monde, transformant n’importe quel concurrent en chef de rayon bedonnant de supermarché de province.

The Divine Comedy – How Can You Leave Me On My Own

Ejecté de Setanta, viré de Parlophone, Hannon s’est réfugié dans son garage de Croydon et a écrit l’un de ses plus gros succès commerciaux en 2010 avec Bang Goes the Knighthood via son propre label. Adieu les moyens gargantuesques refilés par ces précédents labels (Liberation), adieu les redresseurs de tort payés une fortune (Nigel Godrich, producteur du très calviniste Regeneration), bonjour la sauce maison et les moyens du bord.
Alors qu’il avait pris une douille dans les charts avec Victory for The Comic Muse, Bang Goes the Knighthood a redressé la barre et a dû faire bisquer tous les anciens directeurs artistiques de l’animal. Avec ce disque, Hannon atteignait enfin le top 10 des charts anglais.

Comme quoi, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Et ce Foreverland ?
C’est le petit frère de Bang Goes the Knighthood et le cousin de Casanova. Sur ce dernier, Neil Hannon proposait une vulgate de l’œuvre du vénitien. Sur Foreverland, ce parolier hors pair nous explique sa vision de l’État et du pouvoir.

The Divine Comedy – Catherine The Great

L’écoute prolongée de How Can You Leave Me On My Own déclenchera les mêmes effets que la découverte de Daddy’s Car (Liberation, 1993). The Divine Comedy a toujours le chic pour nous donner un air un peu niais et nous faire écouter cent fois la même chanson.

Foreverland de The Divine Comedy sera publié le 2 septembre 2016 via Divine Comedy Records/PIAS.

The Divine Comedy sera en concert le 12 septembre 2016 dans le cadre des [PIAS] NITES à La Maroquinerie (Paris), le 2 novembre à Caluire-et-Cuire (Le Radiant-Bellevue), aux Folies Bergère à Paris les 24 et 25 janvier et en tournée dans toute la France.

The Divine Comedy - Foreverland

Tracklist : The Divine Comedy - Foreverland
  1. Napoleon Complex
  2. Foreverland
  3. Catherine the Great
  4. Funny Peculiar
  5. The Pact
  6. To the Rescue
  7. How Can You Leave Me On My Own
  8. I Joined the Foreign Legion (To Forget)
  9. My Happy Place
  10. A Desperate Man
  11. Other People
  12. The One Who Loves You

The Divine Comedy – Foreverland4.0
8/10
Pouet? Tsoin. Évidemment.
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