En studio avec Studio Electrophonique

Studio Electrophonique© Ryan Lee Turton
Louis - 04/09/2019

Premier EP, premier coup de maître. Très discrètement, Studio Electrophonique vient de renouveler la recette du slowcore en y injectant bien astucieusement une philosophie pop anglaise.

Faire des disques de slowcore est peut-être la chose la plus difficile du monde. Vous avez, grosso modo, neuf chances sur dix d’ennuyer votre auditoire. Les groupes ne sont pas légion (Codeine, Idaho ou encore Rivulets) mais les écouter est synonyme d’un bonheur sans cesse renouveler. C’est le cas des chansons de James Leesley, membre de High Hazels qui s’apprête à publier Buxton Palace Hotel, un disque aux chansons à la fois hypnotiques et entraînantes.

Pourquoi avoir appelé ce disque Buxton Palace Hotel ? Il s’agit d’un hotel de luxe de Sheffield ?

James Leesley : Buxton est une ville qui se situe dans le parc national du Peak District. Ce n’est pas très loin de Sheffield, et le Buxton Palace Hotel est l’endroit où j’ai séjourné pendant ma visite. Il est là depuis de nombreuses années et il a une grandeur fanée qui m’a marqué. C’est en fait l’endroit où j’ai fini d’écrire la chanson Buxton Palace Hotel bien qu’à l’époque elle ne s’appelait pas ainsi. Le caractère de l’hôtel convenait vraiment à l’atmosphère de la chanson, il me semblait donc juste de l’appeler ainsi. C’est après que j’ai décidé d’appeler le disque comme ça et de le faire figurer sur la pochette de l’album.

Et pourquoi sortir un disque solo ?

Ce disque n’a jamais été intentionnellement un disque solo, c’est juste une façon de rassembler et de stocker des mélodies et des idées de chansons qui flottaient dans mon esprit depuis un certain temps. Je savais que je voulais enregistrer rapidement et éviter de trop travailler certains éléments tout en gardant les idées assez intactes. Je me suis donc limité à quelques instruments et à un enregistreur à cassette 4 pistes. Penser à qui et à comment ces parties allaient être jouées risquaient de transformer ces chansons. C’était différent de la façon dont j’avais travaillé auparavant et j’aimais ce qui se passait, donc je continue à enregistrer de cette façon.

Comment as-tu rencontré le label Violette ?

J’ai connu Violette Records grâce à un single de Michael Head et The Red Elastic Band. J’avais acheté le 45 tours de Koala Bears à Manchester. Les illustrations de la pochette m’avaient plu. C’est d’ailleurs pour ça que je l’ai acheté. Je n’ai pas été surpris de constater que la musique était aussi brillante que l’artwork. Quand j’ai terminé l’enregistrement du disque, et avant même d’envisager le fait de jouer ces chansons devant des gens, je ne sais pas pourquoi mais j’ai pensé à Violette et j’ai envoyé les chansons à Matt Lockett. Je me suis dit qu’il serait peut-être intéressé. Les idées de Violette étaient bonnes et Violette a permis à Buxton Palace Hotel d’exister. Je suis vraiment fier que Buxton Palace Hotel sorte sur Violette. Ce sont des gens brillants qui aiment vraiment la musique et les arts.

Où as-tu enregistré ce disque ? Combien de temps cela t-a pris ?

Tout a été enregistré dans une chambre à la maison, sur un enregistreur à cassette Fostex X-15 peu fiable. Je suppose que l’idée était de me limiter technologiquement et d’éviter la tentation d’encombrer inutilement les chansons. La limite du 4 pistes et l’utilisation de cassettes analogiques supprimaient donc toute possibilité de surmenage ou le fait de faire des centaines de prises. C’est au final un enregistrement assez instinctif. J’ai gardé la première ou la deuxième prise. Il y a une réelle chaleur à travailler sur une cassette. Il y aussi un côté asse imprévisible que j’aime bien.
Les défauts des bandes ont rajouté une certaine intimité aux chansons. Les cassettes étant considérées comme obsolètes à ma naissance…. Aujourd’hui les utiliser semble nouveau. Surtout à l’heure de l’ordinateur… Je ne me considère comme bon dans cette utilisation.

Studio Electrophonique – Jayne

Quelle est l’histoire de Jayne ?

Jayne est un personnage fictif qui aime, déteste trop penser, fantasmer, fonctionne et casse comme n’importe qui. Ecrire la chanson était un peu comme si j’avais été invité dans l’esprit de Jayne et que je devais noter rapidement les choses avant que je n’en sois éjecté Je voulais que la musique sonne comme Jayne. Elle mourrait probablement en pensant être mentionnée dans une chanson elle doit aimer, au fond d’elle même, aimer être mentionnée dans une chanson. C’était la première chanson que j’ai enregistrée.

TOP 5

1) Quelle est ta chanson préférée de Richard Hawley ?

Tonight.

2) Ton disque préféré de 2019 ?

J’ai vraiment apprécié Shepherd In A Sheepskin Vest de Bill Callahan.

3) Quel est ton artiste français préféré ?

Jacques Dutronc. J’ambitionne d’approfondir mes connaissances sur les artistes français lors de ma visite à Paris en octobre.

4) Ta bande originale de film préférée ?

Celle de Garden State est bien.

5) Le meilleur endroit sur terre pour voir un concert ?

The Lantern Theatre à Sheffield ou L’amphithéâtre grec de Taormine en Sicile.

Buxton Palace Hotel de Studio Electrophonique sera disponible le 29 septembre 2019.
Studio Electrophonique sera en concert le 18 octobre 2019 à Paris. Tous les détails par ici.
L’artwork est signé Pascal Blua.

Studio Electrophonique - Buxton Hotel Palace
Studio Electrophonique – Buxton Hotel Palace
The Palace Side

  • 1. Jayne
  • 2. You Had Me Hanging On
  • 3. Ill With You

The Tap Room Side

  • 1. I Don’t Think I Love You Anymore
  • 2. Buxton Palace Hotel
  • 3. Film Night

English text

1) What’s the reason behind the name of this new record ? Buxton Palace Hotel is a Sheffield palace ?

Buxton is a town in the Peak District National Park, quite close to Sheffield, and the Buxton Palace Hotel is where I stayed whilst I visited. It has been there for many years and there’s a faded grandeur that I really took to. It’s actually the place where I finished writing the song ‘Buxton Palace Hotel’ though at the time it was nameless. The character of the hotel really suited the atmosphere of the song so it seemed right to call it that. It later became the name of the record and features in the artwork.

2) Why did you do a solo record?

This record was never intentionally a solo record, it was just a way of collecting and storing these melodies and song ideas that were floating around in my mind at the time. I knew I wanted to record quickly, to avoid over-working certain elements and to keep the ideas as untouched as possible, so I limited myself to just a few instruments and a 4-track cassette recorder. Thinking about who and how these parts were going to be played seem to risk the ideas from being lost or change so I just put them down as they arrived at my hands. It was different to how I’d worked before and I liked what was happening so carried on recording that way.

3) How did you meet the team of Violette Records ?

I was aware of Violette Records from a Michael Head and The Red Elastic Band 7″ single I’d bought a few years earlier in Manchester, the Koala Bears double A-side, and I just remember being really drawn in by the artwork and feel of the record as a whole. I liked it enough to buy it based on purely on the package and wasn’t surprised when the music was brilliant too. It wasn’t until I’d finished the recording of this record that I even considered playing them to anyone else, but for some reason – maybe subconsciously, I thought of Violette Records and thought they may see what it was I was trying to achieve. I sent the tracks to Matt Lockett who expressed his enjoyment of the songs and explained a few nice ideas he had for them. Those ideas eventually led to the creation of the ‘Buxton Palace Hotel’ 10″ record. I’m really proud that ‘Buxton Palace Hotel’ is a Violette record – they’re brilliant people with a genuine love for music and the Arts.

4) Where did you record this album ? How did long it take you ?

It was all recorded in the spare room, at home, onto an unreliable Fostex X-15 cassette recorder. I guess the idea was to limit myself technologically and avoid the temptation to clutter the songs unnecessarily, so the limit of 4 tracks and using analogue cassette really removed the option of overworking ideas or doing hundreds of takes, it was a simple process of recording instinctively and using the first or second take. There’s a real warmth and unpredictability to working on cassette that I really liked too, the ‘wow’ and ‘flutter’ (in other words not working properly) added to the intimacy of the song. Cassettes were deemed obsolete by the time I was born so using them felt strangely new compared to working with computers and digital software. Not that I’m any good with that either.

5) What’s the story of the single Jayne ?

Jayne is fictitious but loves, hates over-thinks, fantasises, works and breaks like anyone else. Writing the song felt a bit like I was invited into the mind of ‘Jayne’ and had to quickly note things down before I was thrown out. I wanted the music to sound the way ‘Jayne’ feels. She would probably die at thought of being mentioned in song but secretly like it. It was the first song I recorded.

TOP 5

1) Your favorite song of Richard Hawley ?

Richard Hawley – Tonight

2) Your favorite record of 2019 ?

I’ve enjoyed Bill Callahan’s – Shepherd In A Sheepskin Vest

3) Your favorite french artist ?

Jacques DuTronc. Though I’m looking to expand my knowledge of French artists when I visit Paris in October.

4) Your favorite soundtrack ?

Garden State has a good one.

5) The best place to watch a gig in the world ?

The Lantern Theatre, Sheffield or the Ancient Greek amphitheater in Taormina, Sicily.

Pouet? Tsoin. Évidemment.

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