Bjork – Biophilia
Biophilia, le nouvel album de Björk originellement prévu pour sortir en septembre, s’est fait attendre jusqu’au 10 Octobre.

Björk

Avant même d’avoir pu entendre une seule note de Biophilia, on connaissait d’un bout à l’autre le dispositif qui en accompagnait la sortie. Le disque, fait parti d’une expérience globale : une appli Iphone par piste sur les thèmes de la création de l’hiver et de la création sonore, une série de concerts dans différentes villes européennes assortie d’ateliers, des instruments créés spécialement pour l’album et ses représentations live… Le tout regroupé sous le nom de Cosmogony. C’est que Björk se prendrait presque pour mère nature, notre mère à tous…
Bref, Björk innove, a de la suite dans les idées et soigne son produit. Elle est la plus mainstream des divas expérimentale et doit vouloir le rester.

De Biophilia on connaissait Crystalise, premier extrait aux larges influences Drum’n’Bass, un cas d’école, avec toutes les ficelles du genre. Presque simpliste, mais terriblement efficace, donc. Ce morceau est a peu de chose près le seul à provoquer une secousse tellement le reste est minimaliste.
Biophilia regorge d’utilisation d’orgues, de carillons cristallins, d’harmonies vocales, de voix doublées, triplées, qui donne au tout un esprit presque mystique, introspectif. Parce que c’est bien la voix de Björk qui est le véritable protagoniste de cet album et le mixage ne ment pas. L’idée de départ est parfaitement respectée, l’imagerie est cohérente d’un bout à l’autre. Biophilia est une véritable bande son de la cosmogonie, ce qui tombe plutôt bien.

Avec son dernier album, Björk prouve qu’elle est une des artistes les plus douée de sa génération (et même un peu au delà) c’est une parfaite technicienne avec de la suite dans les idées et assez de talent pour pouvoir les mettre en application. Mais il y a un mais, forcément. Soit, l’album est diablement bien ficelé, conceptualisé jusqu’à la corde, la maitrise est indéniable. Mais presque trop, on admire la dextérité, le travail, mais on n’entre jamais vraiment dans ce Biophilia dans lequel il ne se passe finalement pas grand une chose. Björk ne nous donne rien, aucune attache, aucun point d’entrée, Biophilia est simplement une démonstration de son savoir faire. Trop froid, presque hermétique.

Discophage et habituée des salles parisiennes, Queen Mafalda donne son avis, surtout si on ne le lui demande pas.
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1 réponse sur « Björk – Biophilia »

ah très bon article, rien à redire
meme si comme vous le dites il n’y a que tres peu d’attache et que cet album represente une fois de plus son talent de création et de quasi hors norme,comme toujours, il va de soit que Bjork est la meilleure dans ce domaine de musique expérimentale et le prouve encore dans cet album !

bon, perso, ce n’est pas celui qui me parle le plus mais Bjork reste Bjork, l’Indétrônable Bjork =)

love xxx

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