Stephan Eicher – Homeless songs

Il y a des disques qui vous prennent par surprise, qui vous étreignent. D’artiste dont on n'attendait plus grand-chose. Ils touchent peut-être parce qu’il y a une connexion physique et mentale qui s'opère.

On a beau écouter des centaines de nouveautés, rien n’atteint le sommet d’émotion de ces Homeless songs que l’on écoute, ému comme quand on a embrassé pour la première fois, fait l’amour pour la première fois. Il y a d’abord cette photo de Greta Garbo transfigurée par l’artiste contemporain Gregor Hildebrandt, un geste artistique fascinant, une image en noir et blanc anachronique dans un monde saturé de couleurs et ce flou tellement symbolique et signifiant. Et le disque commence avec les mots simples de l’ami Djian, Si tu veux (que je chante) sur une pluie de violons. Eicher a souffert dans sa chair d’un conflit avec sa maison de disque « à lui faire perdre la foi », à assécher son cœur. Et pourtant, il possède un cœur énorme, un cœur à défier l’industrie, à imposer des titres de 43 secondes à 6 minutes 10, des chansons où l’on n’est pas prisonnier d’un refrain, d’un format radio, où l’on chante en sabir Bernois guttural d’une beauté renversante (merci Martin Sutter), où l’on ose l’auto-tune (bon, ok le vocoder !) façon Lambchop. Difficile d’isoler un titre tant ce disque s’écoule de source avec sa simplicité, ses arrangements qui font la part belle aux instruments acoustiques, piano, violon, flûte, clarinette, cor, hautbois, banjo et tant d’autres. Prisonnière pourrait être un rondeau médiéval, c’est une ode à la vie, je n’attendrai pas un hymne au temps qui passe sans en faire un drame. Son Haïku – Papillons nous fait vibrionner le ventre avec son mantra « ou que tu ailles ou que tu sois ». Chaque titre est une cathédrale émotionnelle où chaque mot est pesé, prononcé avec délicatesse et humanité. Chacun y trouvera son sommet par rapport à ce qu’il vit. Pour nous, ce Toi et ce monde touche au sublime, Stephan, son banjo, les maux bleus de Djian, et une supplique avant de « disparaître sans bruit ». Et ces Homeless Songs ont définitivement trouvé un refuge, notre cœur, notre âme, nos entrailles.

2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher
2018_04_19_eicher

© Fabrice Buffart @ Musilac Mont-Blanc 2018

Discographie

Stephan Eicher - Homeless Songs

Stephan Eicher - Homeless songs

Tracklist : Stephan Eicher - Homeless Songs
  1. Si tu veux (que je chante)
  2. Homeless song
  3. Prisonnière
  4. Niene dehei
  5. Je n'attendrai pas
  6. Monsieur - je ne sais pas trop
  7. Broken
  8. Gang nid eso
  9. Haiku - papillons
  10. Né un ver
  11. Toi et ce monde
  12. Still
  13. La fête est finie
  14. Wie einem der gewissheit hat

Stephan Eicher en concert.
DateLieuTickets
12
Jan
2023

MAISON DE LA CULTURE

Clermont-ferrand (FR)
TICKETS
18
Jan
2023

La Cigale

Paris (FR)
TICKETS
19
Jan
2023

La Cigale

Paris (FR)
TICKETS
20
Jan
2023

La Cigale

Paris (FR)
TICKETS
21
Jan
2023

La Cigale

Paris (FR)
TICKETS
22
Jan
2023

La Cigale

Paris (FR)
TICKETS
27
Jan
2023

Espace Avel vor

Plougastel-daoulas (FR)
TICKETS
02
Fév
2023

Salle et Galerie Poirel

Nancy (FR)
TICKETS

Dates de concerts fournies par Bandsintown

Stephan Eicher – Homeless songs
10/10
Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
2 réponses sur « Stephan Eicher – Homeless songs »

Déjà « l’envolée » était magnifique alors que je n’en attendais rien non plus. Là, j’étais attentif à ce qu’il pourrait faire après des associations avec une fanfare moins convaincante…

Merci pour ce billet . Un nouvel album d’un Stéphan Eicher libéré des contraintes commerciales imposées par son ancienne maison de disques et qui aborde ici avec liberté, inventivité et force de création des chansons fort bien ciselées . Pour avoir entendu en radio « Monsieur – je ne sais pas trop » c’est un bonheur à ouïr ! http://magicienox.blogspot.com/

Les commentaires sont fermés.

Cela pourrait vous intéresser

Stephaneicher-odeartworkbysylviefleuryphotobyannikwetter

Stephan Eicher – Ode

Il n’y a pas d’ami comme Stephan Eicher. A chaque disque il nous offre une balade dans son dédale sentimental, ses étranges paysages, ses constructions impossibles.
Eicher - Autour de ton cou

Autour d’Eicher

Que serait on sans contact ? enfermés dans nos sacs. Et pourtant on n’a guère appris, on compte nos morts au sens propre comme au figuré. On manque d’air, on devient fou. L’atmosphère devient irrespirable et délétère, phagocytée par l’indécence qui se faufile partout.

Plus dans Chroniques d'albums

Apparitionduvisagedebelalugosisurunetranchedesalami

Comelade : ô lâches, soyez fous !

Et si le disque de 2022 était un disque instrumental et barré dont Pascal Comelade a le secret, ironiquement intitulé Le non-sens du rythme ?
Stephaneicher-odeartworkbysylviefleuryphotobyannikwetter

Stephan Eicher – Ode

Il n’y a pas d’ami comme Stephan Eicher. A chaque disque il nous offre une balade dans son dédale sentimental, ses étranges paysages, ses constructions impossibles.
Bastien Devilles - Remonter le courant

Bastien Devilles – Remonter le courant

On connaissait Daredevil, voilà Bastien Devilles que l’on peut écouter les yeux fermés d’autant plus que les mots sont de Brigitte Giraud, futur prix Goncourt avec Vivre vite.